[364] Même dans les noms propres anciens: on prononce Empédocle, Encelade, Endor, Endymion, comme Embrun ou Entragues; toutefois on prononce Emporium par in, parce que sa forme est purement latine.
[365] Ce qui a entraîné centumvir, que quelques-uns prononcent par in. Dans quattrocento, on ne doit pas nasaliser en, le mot restant italien; mais quattrocentiste, qui est francisé, se nasalise par in.
[366] De même dans les noms propres: Argenson, Argentan, Argenteuil, Armentières, Beaugency, Bérenger, Besenval (il paraît qu’on devrait prononcer bézval), Carentan, Carpentras, Caventou, Charenton, Clemenceau, Cotentin, Daubenton, Fromentin, Genlis, Gensonné, Hendaye (autrefois écrit Andaye), Lenglet-Dufresnoy, Menton, Montmorency, Montpensier, Porrentruy, Saint-Quentin, Senlis, Tarentaise, Tencin, Lally-Tollendal, Valençay, Valenciennes, Valentinois, Vendée, Vendôme, Ventoux, Ysengrin, etc., etc.
[367] Avec les expressions latines castigat ridendo mores, festina lente, habemus confitentem reum, intelligenti pauca, nunc est bibendum, o tempora, panem et circenses.
[368] Et aussi Pentateuque ou Penthésilée; mais Pentecôte, qui est ancien et populaire, a gardé le son an; Penthée aussi, généralement. Pour Pentélique, il y a doute.
[369] On l’a fait pourtant dès l’origine, et l’abbé Barthélemy écrivait même vindémiaire, au témoignage de Domergue.
[370] Mentor n’est répandu que depuis le Télémaque de Fénelon, et l’on prononça d’abord Mén-tor, qui naturellement s’est nasalisé en in.
[371] Il y a aussi quelques noms propres français qui ont le son in, sans qu’on sache pourquoi, comme Benserade (attesté dès 1711), Buzenval (à côté de Besenval par an), Magendie, Penthièvre (que quelques-uns prononcent par an, mais qui est attesté depuis 1761). Ces noms sont rares, sauf dans le Midi. On prononce encore par in Emporium, quoique em soit initial, et surtout Benjamin et Memphis, Lentulus, Sempronius et Sempronia, et Terentia. Hortensius semblerait devoir aussi se prononcer par in: il a probablement subi l’analogie de Hortense et hortensia, qui en dérive; Aventin a dû subir celle du français avent, d’autant plus que intin était désagréable; enfin Tempé, sur lequel on hésite, suit aisément celle de temps. Nous avons vu que la finale -en se prononçait in dans les noms propres bretons; à fortiori -en- intérieur: Penmarch se prononce peut-être pèn(e)mark en breton, mais en français de Bretagne on nasalise, et on prononce pin-mar, comme dans Lesneven ou Suffren.
[372] Crescendo se francise certainement en cressindo, et on en a même fait un substantif. Pourtant les musiciens le prononcent volontiers à l’italienne, créchèndo; et on doit le prononcer ainsi dans la grande tirade de la calomnie du Barbier de Séville, où ce mot vient après rinforzando, qui ne tolérerait pas les nasales. Crechin-do seul est à éviter.
[373] Il en est de même pour les noms propres que pour les autres. Très peu de noms étrangers nasalisent en par an: Engadine, où en est initial, Carpentarie, quelquefois Grenville (mais à tort), Gengis-Khan et Genséric, qui sont fort anciens, Hottentots et Mazendéran, qui s’écrit aussi Mazandéran, Luxembourg, Rembrandt. Presque tous les noms qui nasalisent en le font naturellement en in: Abencérages, Altenbourg, A Kempis, Appenzel, Bender, Benda, Benfey, Bengale, Benguela, Bentivoglio, Bentley, Benvenuto Cellini, Brenta, Brentano, Cavendish, Cenci, Clementi, Cosenza, Daremberg, Emmenthal, Faënza, Flensbourg, Folengo, Formentera, Furstemberg, Gassendi, Girgenti, Groënland, Guttemberg, Lorenzaccio, Lowendal, Mackenzie, Magenta, Marengo, Mecklembourg, Mencius, Mendelssohn, Mendoza, Mentana, Nuremberg, Odensée, Offenbach, Oldenbourg, Pendjab, Pensylvanie, Sacramento, Semendria, Smolensk, Struensée, Tagliamento, Tolentino, Valentia et Valencia, Wenceslas, Wissembourg, Wurtemberg, et aussi Mendès et Stendhal. Plusieurs de ces noms peuvent aussi se prononcer sans se nasaliser comme Daremberg, Wissembourg. Doivent être prononcés sans nasale la plupart de ceux qui ne sont pas cités ici: d’abord ceux qui ont em suivi d’une consonne autre que b ou p, comme Emden, et même Bembo, Lemberg et Pembroke, malgré le b qui suit; et d’autre part Encke, Engelman, Hohenlohe, Kentucky, Mentchikoff, Rienzi, Rodenbach, Stephenson, Swedenborg, Sienkiewicz, Siem-Reap, Tien-tsin, Tuyen-Quan, et tous les autres, moins connus, dans lesquels l’e est ordinairement presque muet, quand il n’est pas tonique ou initial, comme dans Wall(e)nstein, Liecht(e)nstein ou Tug(e)ndbund.