[404] Voir surtout pages 56 et 117.
[405] Pour l’e final des mots latins ou italiens, voir page 52. On se rappelle que l’e final anglais atone ne s’entend pas non plus.
[406] Le peuple conserve volontiers l’e final de cette au détriment du premier: c(et)te femme; mais cette prononciation, autorisée autrefois, est aujourd’hui expressément évitée par les gens qui veulent parler correctement.
[407] En ce cas, on ne peut prononcer en réalité qu’une seule consonne; mais on prolonge l’occlusion totale ou partielle de la bouche, qui paraît ainsi précédée d’une consonne et suivie d’une autre. Quelques personnes se croient obligées de prononcer l’e muet dans une rencontre comme celle de onze sous, afin de maintenir la distinction de la douce et de la forte; mais ons’ sous est plus fréquent et parfaitement naturel. J’ajoute que dans ce cas, comme dans tous les cas pareils, il est indispensable de prononcer la consonne double, sans quoi on confondrait, par exemple, une noix avec une oie.
[408] Sans quoi rien se décomposerait. Nous reviendrons plus loin sur ce phénomène. Mais on notera ici qu’on dit fort bien une petit’ lieue, sans que lieue soit décomposé, l’influence de l’l étant moins forte que celle de l’r.
[409] Pour que la liquide soit troisième dans un tel groupe, il faut qu’elle soit précédée d’une explosive ou d’une fricative, précédée elle-même d’une spirante, comme ici j: le tout peut alors être suivi de ou ou u consonnes.
[410] Et cela ne date pas d’aujourd’hui: au XVIᵉ siècle, plusieurs écrivains, notamment Du Bellay, écrivaient de préférence à l’imparfait tomboint: oient a prévalu, sans doute pour éviter la confusion avec la nasale de point, et plus tard celle de saint. Cette finale muette -ent nous a conservé toute une série de formes verbales dont l’orthographe est identique (sauf parfois l’accent) à celle de mots en -ent tonique: expédient, affluent et influent, coïncident, résident et président, négligent, émergent, détergent et abstergent, divergent et convergent, équivalent, excellent, violent, somnolent, pressent, content et couvent, et d’autre part convient (avec précèdent et excèdent, different et adhèrent, et dévient).
Il va sans dire que la liaison de l’s ou du t devant une voyelle produit le même résultat que quand l’e muet final est suivi d’un mot commençant par une consonne: tristes événements, pauvres hommes, ils ressemblent à leur père, à moins qu’on ne dise familièrement pauv(re)s hommes ou i(ls) ressemb(len)t à leur père.
[411] Gré(e)ment a pourtant l’e plus fermé et plus long qu’agrément. Bien d’autres e sont tombés au moyen âge, sans laisser aucune trace: bé(e)gueule, di(e)manche, écu(e)ler, li(e)cou, li(e)mier, mi(e)nuit, rou(e)lette, etc.
[412] Rou(e)rie et flou(e)rie ont cependant ou plus long que sourie ou souris, et fé(e)rie a l’e plus fermé que série.