[443] Receler est devenu recéler, mais receleur est demeuré; receper est devenu aussi recéper.
[444] Le peuple s’obstine parfois dans ce cas à laisser tomber l’e du monosyllabe, mais alors il le remplace involontairement, et de toute nécessité, par un autre, et aboutit à car ej’ dis ou à bec ed gaz, et même, en tête de phrase, ej’ dis pas: il ne faut pas perdre de vue que c’est uniquement le parti pris, d’ailleurs inconscient, de ne pas prononcer l’e muet qui aboutit à ce résultat, de même que dans une er’mise, où ce n’est pas du tout l’e de une qui se prononce, comme on pourrait croire: voir plus haut, page 168, note 1.
[445] On peut choisir, dans la conversation, entre pas de dieu et pas d’dieu, pas de lien et pas d’lien: voir ci-dessus page 160 et note 1. On peut même dire pas d’scrupules, à cause de l’s médian (voir ci-dessus, page 157).
[446] Cela est si vrai qu’on dira entend’ le discours, et pac’ que tu es venu, plutôt que de dire entendre l’discours et parce qu’ tu es venu; mais d’ailleurs il est possible de prononcer parc’ que, aussi bien que lorsque, et c’est ce qu’on fait d’ordinaire. Nous allons retrouver le groupe ce que.
[447] Pourvu que le même son ne soit pas répété: je jette, ce signe. On notera qu’avec je et ce initiaux, on va familièrement par l’élision jusqu’à trois et quatre consonnes initiales, dans j’ crève de faim, j’ crois bien, c’ train là; mais il est impossible de dire c’ rien, c’ ruisseau, ni c’ roi, le groupe sr n’admettant pas après lui d’autre consonne, ni même de semi-voyelle: la liquide doit être ici finale et non médiane (voir plus haut, page 160 et note 1).
[448] Mais naturellement on est bien obligé de dire les pas d’ celui qui vient, sans quoi il y aurait quatre consonnes, qui ne s’accommodent pas. On prononcera aussi nécessairement les deux e dans pour l’amour de celui, l’e de de étant maintenu par rd, et la sifflante qui suit étant initiale du groupe et non médiane.
[449] On dit naturellement: il croit qu’ tu viens, parce qu’il n’y a qu’un seul e muet.
[450] A fortiori, ça n’ me fait rien (chute du premier e), et non ça ne m’ fait rien.
[451] On évitera cependant d’aller, surtout en tête de phrase, jusqu’à j’ ne d’mande rien; on préférera je n’ demande rien: de- initial est sans doute moins faible que re-.
[452] Ou je n’ te l’remets pas, moins bien, parce que, si le est subordonné à te, la muette initiale de remets est subordonnée à le.