[463] Nous avons conseillé d’éviter cette prononciation. De même, et plus encore, dans les mots où les poètes maintiennent, par tradition, une diérèse que l’usage ne connaît plus, il faut éviter le yod: passion ne doit se prononcer en vers ni pass-yon, comme en prose, ni passi-yon, qui serait ridicule, mais simplement passi-on, qui est entre les deux. D’ailleurs, certains mots savants du type meurtrier, comme pri-orité, à pri-ori, ne développent pas non plus de yod entre l’i et la voyelle.
[464] Voir plus haut, page 119.
[465] D’autres disent moi-lien!
[466] Dans certains endroits, on dit encore pè-san; mais quand on trouve paysan en deux syllabes chez nos vieux poètes (il y en a encore un exemple dans l’École des Femmes), c’est qu’ils prononçaient pay’san, avec diphtongue initiale: ils écrivaient même parfois païsan. Fays-Billot se prononce comme pays. Je ne sais pourquoi Baïse se prononce comme payse; cette prononciation est d’ailleurs peu répandue en France.
[467] Il y en avait bien davantage autrefois; mais leur y grec a été changé en ï, précisément pour ce motif: ainsi pa-ïen, ba-ïonnette, a-ïeul, gla-ïeul, qu’on eût pu sans cela prononcer par è; ou bien ils ont été ramenés à la règle, comme alo-yau, ho-yau, mo-yen, prononcés autrefois par o, aujourd’hui par oi.
[468] Au contraire, aigayer devrait se prononcer par a, venant d’aiguail, et même s’écrire aiguailler: mais il semble qu’on le prononce plutôt par è.
[469] Sans parler des mots étrangers, comme a-yuntamiento. Il en est de même dans la plupart des noms propres, même français: Bisca-ye, Bla-ye, Fa-ye, Henda-ye et Uba-ye, comme Ka-yes ou Luca-yes; A-yen, Ba-yard, Ba-yeux, Ba-yonne, Ca-yenne, Ca-yeux, Le Fa-yet, La Fa-yette, La-ya, Ma-yence, Ma-yenne, Ma-yeux, Pa-yerne, Ra-yet, Le Va-yer, aussi bien que Fa-youm, Gua-yaquil, Himala-ya, Ma-yer, Ma-yotte ou Rama-yana. Il est vrai aussi que Claye, La Haye, Saint-Germain-en-Laye, Laboulaye, La Fresnaye, Houssaye, Puisaye, se prononcent par è: cela tient à ce que ces mots ont gardé la prononciation des primitifs, clai-e, hai-e, lai-e, boulai-e, frênai-e, houssai-e, puisai-e, qui sont ou furent des noms communs. On prononce de même La Curne de Sainte-Palaye, les rochers de Naye et Laveleye. Au contraire, on prononce Ysa-ye en trois syllabes (isaï), comme s’il y avait un tréma: cf. Ay, qui s’écrit mieux Aï, et aussi l’Hay. J’ajoute qu’on prononce aussi Merlin Cocca-ie comme Bisca-ye.
[470] Contrairement à ce qui se passe pour l’a, o devient généralement oi dans les noms propres français, comme dans les autres mots: Boyer, Giboyer, Doyen, Joyeuse, Noyon, Royan, Royat, Royer-Collard, Troyon, Vaudoyer, aussi bien que Roye, Bridoye, Troyes (prononcé comme Troie) et même Loyalty, probablement sous l’influence de loyal. L’o reste séparé seulement dans les noms étrangers: Go-ya, Van Go-yen, Lo-yola, O-yama, Samo-yèdes, et aussi Go-yon et quelques autres. Soyecourt se prononce, sôcour.
[471] Le mauvais calembour, comment vas-tu, yau de poêle? en est un témoignage irrécusable.
[472] L’u reste distinct régulièrement dans Berru-yer ou Tu-yen-Quan, comme dans Gru-yère et La Bru-yère. Au contraire, et quoique le prénom Guy se prononce ghi, ui l’emporte dans les noms commençant par Guy-; on doit donc prononcer ui correctement dans Guyane, Guyenne, Guyau, Guyot, Guyon, avec Chatel-Guyon, La Vauguyon, Longuyon. A vrai dire, beaucoup de personnes prononcent Gu-yot, voire même Ghi-yot, sans parler de l’algérien Guyotville, réduit à ghyo-vil, en deux syllabes; mais tout cela est très incorrect. Dans les premières éditions du Poème de Fontenoy, Voltaire avait fait aussi Vauguyon de deux syllabes, comme si c’était écrit Vaughyon; mais il s’est corrigé dans les suivantes. Il a réduit aussi Guyon à une syllabe et Guyenne à deux, mais en écrivant Guion et Guienne, ce qui ne pourrait plus se faire.