[473] On a déjà parlé de ce phénomène, page 163.
[474] Les poètes ne s’en privent pas, et il n’y a pas lieu de les en blâmer. Ch. Nyrop, rencontrant paye en deux syllabes dans Cyrano de Bergerac, admire «la belle intrépidité de Rostand» qui fait «revivre cette prosodie médiévale». Mais cette prosodie n’a jamais disparu, et Ch. Nyrop confond paye avec les finales en -ée, -aie, -ue, -oue, qui sont fort différentes. Il va sans dire qu’en pareil cas, il faut nettement distinguer les deux syllabes au moyen du yod. Quand Mᵐᵉ Sorel prononce dans Molière:
Mais elle bat ses gens et ne les pai(e) point
(Misanthr., acte II, scène 3).
elle se conforme sans doute à l’usage le plus répandu aujourd’hui, mais elle devrait bien s’apercevoir qu’elle fait un vers faux! Et il est bien possible que pai-ye point la choque, mais c’est pai-ye point qu’il faut dire.
[475] Voir encore p. 163, note 2.
[476] Voir plus haut, page 152 et la note.
[477] Sans parler de ya tout court, qui n’en a qu’une: ya des gens qui..., mais ceci est un peu familier!
[478] Si bien que les poètes eux-mêmes, quand ils acceptent ce double hiatus, sont obligés, pour peu qu’ils aient de logique ou d’oreille, de compter les trois mots pour deux syllabes, d’autant plus que l’expression est toujours de style familier. On peut citer Richepin, Don Quichotte, acte VII, scène 20:
Au premier choc... Ça y est! patratas! la culbute!
et la Route d’émeraude, vers final: