Fais des chefs-d’œuvre... Moi, ça y est, j’ai fait le mien.

Jean Aicard a compté le groupe pour trois syllabes, mais il n’y a pas lieu de l’en féliciter.

[479] C’est Corneille qui a rénové en poésie l’usage de compter hier pour une syllabe, usage déjà suranné de son temps, et son autorité a malheureusement justifié les poètes qui l’ont suivi. Pourtant le XVIIIᵉ siècle avait repris les saines traditions, et Voltaire fait toujours hier de deux syllabes (et même avant-hier de quatre). Malheureusement, V. Hugo a cru pouvoir le faire presque indifféremment de deux ou de trois, et la plupart des poètes du XIXᵉ siècle l’ont suivi; mais c’est une erreur certaine: voir sur ce point notre article sur les Innovations prosodiques dans Corneille, dans la Revue d’histoire littéraire de 1913.

[480] Au XVIIᵉ siècle, on trouvait ce groupe initial dans Hiérome, Hiérusalem et Hiéricho, mais hi s’y prononçait déjà j, comme on l’écrit aujourd’hui: hi ou hy se prononçait alors j, même dans Hyacinthe (devenu jacinthe comme nom de fleur), même dans hiérarchie et hiéroglyphe, et c’est ce qui explique la prosodie de certains vers classiques, où il faut lire jérarchie et jéroglyphe: voir page 250, note 3.

[481] Si les ll mouillés sont suivis d’un i, les deux yods primitifs se confondent aujourd’hui: bailliage se prononce comme pillage, voyage ou mariage, joaillier comme fouailler, médaillier comme médaillé. Il peut cependant y avoir deux yods dans une même finale, mais séparés par une voyelle: ainsi dans vieille (vyeye) ou piaille (pyaye) ou qu’il y aille.

[482] Nous avons vu aussi que l’i final faisait fonction de consonne dans certains noms propres étrangers: Pompéi, Hanoï, Shanghaï: voir page 119, note 2.

[483] L’u a la même fonction devant y dans Cuyp, Hay, Le Puy, Lhuys, Luynes, Porrentruy, Ruyter.

[484] Je ne parle pas de fabriq(u)-ions ou navig(u)-ions, où l’u n’est qu’un signe orthographique.

[485] Les groupes brui ou trui sont, en effet, beaucoup plus faciles à prononcer sans décomposition que bryer ou tryer. C’est pourquoi la diphtongue a pu se conserver là où elle existait; mais elle n’a jamais existé dans dru-ide et flu-ide, et ne s’y est point formée.

[486] Voir plus loin, aux chapitres du G et du Q.