[526] Au XVIᵉ siècle, infect et abject s’écrivaient souvent infet et abjet, et rimaient avec effet et projet, dont l’étymologie est la même. C’est la prononciation dite emphatique qui a dû rétablir ct d’abord dans infect, puis dans abject, à cause du sens. Mais Corneille fait toujours rimer régulièrement abject, ou plutôt abjet, avec projet ou sujet:

Et dans les plus bas rangs les noms les plus abjets
Ont voulu s’ennoblir par de si hauts projets.
(Cinna, acte IV, scène 3.)

Il n’y avait là aucune «licence poétique», malgré le reproche que lui faisait déjà Aimé Martin.

[527] Voir livre X, fables 8 et 12, et livre XII, fable 2.

[528] Je ne sais comment il peut se faire que le Dictionnaire général admette uniquement—et simultanément—aspe(ct) sans c ni t, circonspec(t) et respec(t) avec c seul, et suspect avec c et t! Toutes ces variétés de prononciation ne se seraient pas produites si l’on avait pris le sage parti d’écrire tous ces mots comme effet, qui est, lui aussi, pour effect. Le c est également muet dans les frères Parfai(ct).

[529] Il serait si simple de lui ôter son c, comme on a fait à défunt, pour défunct.

[530] Et aussi devant les diphtongues latines œ et æ: Cæsar, comme César.

[531] Autrefois on écrivait aussi cueur, où le premier u n’était qu’un signe orthographique, qu’on ne prononçait pas.

[532] On trouve d’ailleurs ck devant une voyelle quelconque: blockaus ou gecko comme jockey, Stockholm comme Necker.

[533] Où donc Michaëlis et Passy ont-il entendu prononcer ces mots sans c? C’était la prononciation du XVIIᵉ siècle, ainsi que pon(c)tuel; di(c)ton et antar(c)tique ont duré plus longtemps. Aujourd’hui que la plupart des c étymologiques inutiles ont disparu, comme dans bienfai(c)teur, je(c)ter, etc., il n’y a plus d’exceptions. On prononce le c même dans Francfort, sous prétexte que le k allemand de Frankfurt se prononce: à la vérité, puisque le mot est francisé, rien n’empêcherait de prononcer Fran(c)fort, mais ce n’est pas l’habitude.