[544] Et dans quelques noms propres du Midi, comme Auch, Foch, Buch, Tech, Puech, Delpech, avec Monjuich, sans compter Sidi-Ferruch, Marrakech et Nich.

[545] Il est muet aussi dans Penmar(ch) francisé.

[546] Ceci vient tout simplement d’une confusion inconsciente entre acheter et jeter. En effet, jeter se prononce nécessairement comme acheter, quand l’e muet tombe; dès lors, on a la proportion fatale: j’ajète est à acheter comme je jette à chter.

[547] De même dans tous les noms propres anciens: Macc(h)abée, C(h)am, C(h)anaan, Zac(h)arie, Néc(h)ao, C(h)aldée, Epic(h)aris, C(h)arybde, C(h)aron, Anac(h)arsis, Calc(h)as, etc., etc., avec quelques noms modernes étrangers: Buc(h)anan, Buc(h)arest, C(h)andos.

[548] Et autrefois métempsyc(h)ose, qui n’a plus d’h; pourquoi psyc(h)ologie en a-t-il un?

[549] On prononce co dans Jéric(h)o, Jéc(h)onias et Nabuc(h)odonosor, Terpsic(h)ore, Stésic(h)ore, C(h)oéphores, Orc(h)omêne et Colc(h)os, Sanc(h)oniaton, C(h)osroès, C(h)oa et Tyc(h)o-Brahé, et même La Péric(h)ole, Picroc(h)ole; mais non dans Michol, Sancho ou don Quichotte (francisé de l’espagnol Quijote à j guttural).

[550] Et dans les noms propres anciens en -chus, comme Antioc(h)us, Malc(h)us, etc., mais non dans Chuquisaca.

[551] De même Michée, Zachée, Sichée, aussi bien que Mardochée, et aussi bien Psyché. Cependant on a longtemps dit trokée.

[552] Je n’ai pas, dans ces mots et les suivants, devant e et devant i, mis l’h entre parenthèses, à cause du son sifflant que prend le c devant ces voyelles; j’espère néanmoins que le lecteur ne s’y trompera pas.

[553] De même dans Michel et Rachel, deux prénoms trop populaires pour s’altérer, et aussi, le plus souvent, dans Pulchérie et Sichem. Mais on prononce dans la plupart des noms propres anciens: Achéloüs, Achéménides, Achéron, Carchémis Chéronée, Chéronèse, Chérusques, Lachésis, Pulcher (rarement Pulchérie) et Sennachérib. Autrefois le ch d’Achéron était francisé ainsi que beaucoup d’autres. C’est à la fin du XVIIᵉ siècle que les divergences se produisirent. La Comédie, avec Racine, tenait pour Achéron (La Fontaine aussi); l’Opéra, avec Lulli et Quinault, tenait pour Aron, qui prévaut aujourd’hui. On prononce aussi dans les noms italiens, Chérubini, Michel-Ange. A la vérité, Mikel-Ange paraît bizarre, car on francise le second mot (pour Angelo) et pas le premier, alors que nous avons pourtant Michel en français; mais, en réalité, le nom italien s’est francisé en bloc avec la prononciation originelle et en conservant son accent sur la même syllabe an: c’est ainsi que sont traités les noms des plus grands hommes, appris par l’oreille et non par l’œil, comme Shakespeare et Gœthe. On prononce encore dans Chemnitz et Sacher-Masoch, mais ché dans Blücher ou Schœlcher.