[741] Alcarazas est un pluriel espagnol devenu singulier; le phénomène n’est pas unique: nous allons le retrouver avec albinos et mérinos, sans compter les noms de cigares.

[742] Dans les noms propres anciens ou étrangers, l’s final se prononce toujours: Barabbas, Jonas et Jonathas, Phidias et Cinéas, Stanislas et Wenceslas, Gil Blas, Ruy Blas, Micromégas et Chactas, Caracas, Damas, Madras et Texas, etc., etc. Il faut excepter les Duka(s) et naturellement les pluriels: Papoua(s), Wyndhia(s), Maya(s), Arya(s), Inca(s), Véda(s), Saga(s), Galla(s), Foulah(s), Pourana(s), Damara(s), Soutra(s), Hova(s). On prononce l’s dans Visayas. L’s se prononce aussi le plus souvent dans les noms français; mais il y a des exceptions, notamment les prénoms qui, par leur popularité, sont assimilés aux noms communs: Luca(s), Cola(s), Nicola(s), Thoma(s), ainsi que Juda(s). On y joint naturellement Le Ba(s) ou Pays-Ba(s) et Félix Gra(s), et aussi Vaugela(s), Duma(s), Maupa(s) et Maurepa(s), Dura(s), quelquefois Cala(s), Cuja(s); en outre, les noms de l’Ardèche, Priva(s), Aubena(s), etc., avec une ville du comtat, Carpentra(s): c’est à tort qu’on prononce parfois l’s dans Carpentra(s). En revanche on prononce régulièrement l’s dans Mathias, qui l’a repris, n’étant prénom qu’à demi, dans Alcofribas, d’Assas, Barras, Blacas, Calas, Cujas, Du Bartas, Escarbagnas, Rabagas, etc., etc., dans Las Cases et dans Daoulas, Arras ou Coutras, aussi bien que dans Pézenas, Valréas ou Mas d’Azil, ou autres Mas, et en général les noms du Midi, y compris le Comtat, mais excepté Carpentra(s): on ne sait pas pourquoi, car Valréas est au nord de cette ville. Pour Carabas, les avis sont partagés: il est certain que l’auteur des Contes prononçait sans s, et c’est assurément la bonne prononciation; mais j’avoue que la sonorité méridionale de l’s convient assez bien au personnage, et il n’est pas impossible qu’elle finisse par prévaloir.

[743] Voir plus haut, pages 60 et 61, note 1.

[744] On prononce aussi et on peut écrire cacatoi(s): le plus simple est de prononcer comme on écrit.

[745] Et dans tous les noms propres: Agnès, Périclès, Sieyès (que l’on prononce Siès), Uzès, etc. Decrè(s) fait exception.

[746] Mais non pourtant dans Saint-Pierre-ès-liens, où l’e semble s’être fermé. Je rappelle que l’anglais prononce l’s même après un e muet qui, d’ailleurs, ne s’entend pas, comme dans Hobbes, Cecil Rhodes, James, Times, Jones, Serlock Holmes. Voir aussi page 60, note 2.

[747] De même, par exemple, La Ferronay(s). L’s se prononce pourtant dans Alais, cas unique. C’était là une orthographe que rien ne justifiait, et beaucoup de gens du pays voulaient fort justement écrire Alès, comme on faisait souvent jadis, car l’orthographe adoptée faisait que les non-indigènes prononçaient le plus souvent Alè, aussi écrit-on maintenant Alès. On prononce aussi l’s dans les mots étrangers, reis et milreis, et dans Brueys (bruis).

[748] Mais non dans pali(s), comme le veulent Michaëlis et Passy.

[749] Cela ne convient guère qu’à fleur de li(s), qui prend ainsi un air plus oratoire et en quelque sorte plus héraldique. V. Hugo fait souvent rimer maïs avec pays, et cela était encore admissible de son temps; mais on sait que V. Hugo faisait constamment rimer des finales à consonnes sonores avec des finales à consonnes muettes. Quant à fi(l)s, on sait que Littré tenait toujours pour fi(ls), et Thurot affirme que l’usage était encore partagé de son temps. Partage fort inégal, sans doute.

[750] Avec beaucoup de mots savants: unguis, pubis, rachis et rachitis, orchis, anagallis, hamamélis, amaryllis, syphilis, lychnis, propolis, anthémis, pénis, lapis (lazuli), berbéris, hespéris, ophrys, épistaxis, galeopsis, coréopsis, arsis, thésis, satyriasis, pityasis, éléphantiasis, phymosis, paréatis, isatis, oarystis, etc.