Les consonnes devant lesquelles on rencontre quelquefois g en français sont les liquides, l, m, n, r, et d ou g[596].

Les groupes gl et gr n’offrent pas de difficultés.

Devant un m ou un d, le g se prononce toujours; il ne s’y trouve d’ailleurs que dans des mots d’origine savante, comme amygdale ou augmenter[597].

Devant n, la question est moins simple, car le français gn n’est normalement qu’un n mouillé[598]. Aussi le groupe gn est-il mouillé presque partout, notamment devant un e muet, sans exception, et même dans les mots d’origine savante, pourvu qu’ils soient suffisamment répandus, comme magnétisme, depuis Mesmer. On a même longtemps mouillé un mot latin comme agnus, parce qu’il était fort usité. Il en résulte qu’on ne sépare le g de l’n que dans quelques mots savants moins usités, ou des mots étrangers, notamment en tête des mots: gneiss; gnome et gnomique, gnomon et gnomonique, avec physiognomie; gnose et gnostique, avec diagnostic, géognosie, recognition et incognito, celui-ci par confusion, car il est italien, et on le mouille encore quelquefois, comme en italien; de plus, dans mag-nificat et ag-nus, mots latins; dans ag-nat et mag-nat, dans cog-nat, et cog-nation, dans stag-nant et stag-nation, dans reg-nicole et inexpug-nable, dans ig- et tous les mots commençant par igne- et igni-; souvent aussi dans lig-nite (mais non ligneux) et dans pig-noratif[599]. Dans magnolia, on mouille encore, mais la cacophonie de nyolya est en voie de séparer l’n du g[600].

Il ne faut pas séparer le g de l’n dans d’autres mots, même d’apparence plus ou moins savante, comme cognassier, désignatif, imprégnation, magnésie ou même magnifier.

Enfin le g double, devant une consonne, se prononce comme un seul g: a(g)glomérer, a(g)glutiner, a(g)graver; mais on peut aussi prononcer les deux. Devant e ou i, on a naturellement un g guttural, puis un g chuintant: sug-gérer[601].

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Dans les mots italiens non francisés, le g simple ou double se prononce dj devant i, par exemple dans a giorno, dramma giocoso ou risorgimento; mais appogiature est francisé, puisqu’il n’a même pas l’orthographe italienne[602].

On prononce de même dj dans giaour et gentry; mais on peut prononcer indifféremment gentleman par jan ou djen, quoique man ne soit jamais nasal, et gin par jin nasal ou djin non nasal; on francise encore à volonté gipsy et bostangi.

Gh est proprement le g guttural étranger devant e et i, et quelquefois ailleurs: ghetto, sloughi, yoghi[603]. On ne l’entend pas dans high, right, dreadnought[604].