«Les expériences ont conduit à la conclusion suivante: les clefs mobiles paraissent moins propres à guinder les mâts qu'à les caler; elles peuvent cependant, au moyen de quelques modifications faciles à exécuter, soulager la guinderesse dans des derniers et plus pénibles efforts; mais ces clefs facilitent considérablement rabaissement des mâts, avantage précieux qui, en accélérant le remplacement d'un mât de hune, peut exercer une influence favorable sur les chances d'un combat, et même sauver un bâtiment surpris par un coup de vent, en abrégeant la durée du danger.»
Le grand mât de hune guindé, on tient son gréement. La direction que doit prendre ce mât est donnée par celle du bas mât que nous avons déjà tenu.
On frappe un fort palan sur l'étai en crochant la poulie simple à une erse qui embrasse le capelage du mât de misaine; on passe le garant dans une poulie de retour crochée à la même erse, et on l'envoie sur le pont pour qu'on puisse peser dessus. On frappe un second palan sur la partie de l'étai comprise entre la poulie du capelage et le pont, et dont la poulie simple fait dormant sur le bout de l'étai qui passe dans le piton situé au pied du mât de misaine. On frappe aussi un palan sur le faux étai, la poulie simple se croche à une erse qui embrasse le mât sous les jottereaux. Avant de rider, on a dû passer dans le faux étai les bagues qui serviront plus tard à enverguer la grande voile d'étai, puisqu'il lui sert de draille. On hale sur les palans, ayant grand soin de faire travailler l'étai et le faux étai de la même manière. Lorsque la tête du mât de hune a dépassé d'une quantité suffisante la direction du bas mât, car les galhaubans le rappelleront dans cette direction, on genope les palans, on tourne leurs garans, et on fait les amarrages de l'étai et du faux étai.
On aligne les haubans de hune et les galhaubans entre eux, et on marque le point où l'on doit estroper les caps-de-mouton; on fait les amarrages, et on coiffe les bouts comme nous l'avons dit pour les bas haubans. On ride les galhaubans, avec lesquels le mât doit être mis dans une position convenable, c'est-à-dire former le prolongement du bas mât. On ride enfin les haubans avec la candelette de hune.
Au lieu d'être garnis de caps-de-mouton, les haubans de hune peuvent passer dans des cosses portées par les lattes. Quelquefois aussi le hauban lui-même traverse la hune, et servant de gambe de revers, se raidit sur la quenouillette ou sur l'estrope, qui remplace le trelingage.
Cette installation, qui offre peu de solidité, ne doit être employée qu'à bord des petits bâtimens.
Trelingage, Enfléchures.
Le gréement raidi, on travaille au trelingage. On place une quenouillette sur les haubans, vis-à-vis le point du mât où commence le renflement de la noix; on la fixe par un amarrage sur chacun d'eux, en laissant, comme aux bas mâts, le premier hauban indépendant. On bride les haubans avec un palan, et on amarre les branches de trelingage; après quoi on largue le palan et on le défrappe.
Si on supprime le trelingage, on aiguillette en dessous de la noix une estrope garnie de cosses, sur lesquelles viendront se raidir les haubans de perroquet.