La négrillonne de soie rouge s'empressa.
—Ma secrétaire particulière,—présenta Antinéa,—mademoiselle Tanit-Zerga, de Gâo, sur le Niger. Sa famille est presque aussi antique que la mienne.
Disant cela, elle me regardait. Ses yeux verts pesaient sur moi.
—Et ton camarade, le capitaine,—interrogea-t-elle d'une voix lointaine,—je ne le connais pas encore. Comment est-il? Est-ce qu'il te ressemble?
Alors, pour la première fois depuis que j'étais auprès d'elle, je songeai à Morhange. Je ne répondis pas.
Antinéa sourit.
Elle s'allongea tout à fait sur la peau de lion. Sa jambe droite devint nue.
—Il est l'heure d'aller le retrouver,—dit-elle languissamment.—Tu recevras d'ici peu mes ordres. Tanit-Zerga, reconduis-le. Montre-lui d'abord sa chambre. Il ne doit pas la connaître.
Je me levai et lui pris la main pour la baiser. Cette main, elle l'appuya fortement à mes lèvres à les faire saigner sous cette espèce de marque de possession.
J'étais maintenant dans le couloir sombre. La petite fille à la tunique de soie rouge allait devant.