Quand il nous arriva inopinément, seul, d'Ouargla, il avait confié au mehari de race qu'il montait uniquement ce que peut porter sans déchoir un aussi susceptible animal: ses armes, sabre et revolver d'ordonnance, plus une solide carabine, et quelques effets strictement réduits. Le reste n'arriva que quinze jours plus tard, par le convoi chargé du ravitaillement du poste.
Trois caisses de dimensions respectables furent successivement montées dans la chambre du capitaine, et les grimaces des porteurs en disaient assez sur leur poids.
Par discrétion, je laissai Saint-Avit à son emménagement, et me mis à dépouiller le courrier que m'apportait le convoi.
Il rentra peu après dans le bureau, et jeta un coup d'œil sur les quelques revues qui venaient de me parvenir.
Il parcourait en même temps le dernier numéro de la Zeitschrift der Gesellschaft für Erdkunde in Berlin.
—Oui, répondis-je.—Ces messieurs veulent bien s'intéresser à mes travaux sur la géologie de l'Oued Mia et du haut Igharghar.
—Cela peut m'être utile,—murmura-t-il, continuant à feuilleter la revue.
—A ta disposition.
—Merci. Je crains bien de n'avoir rien à t'offrir en échange, à part Pline peut-être. Et encore... Tu connais certainement aussi bien que moi ce qu'il dit de l'Igharghar, d'après le roi Juba. Au reste, viens m'aider à mettre en place tout cela, et tu verras si quelque chose te convient.
J'acceptai sans me faire prier davantage.