— Ma chère Béatrice…

Mais elle l’interrompit.

— Je vous défends de me parler sur ce ton, s’écria-t-elle. Je suis une femme respectable, et vous, un vaurien. Vous devriez avoir honte, de vous présenter dans une maison convenable. Cela fait bien, oui, d’y voir un loqueteux comme vous ! Allez, allez, ôtez-vous d’ici…

— J’ai faim, murmura Lorillard, suppliant.

— Qu’est-ce que vous voulez que cela me fasse ? Vous n’avez qu’à travailler, fainéant. Je travaille bien, moi. Je me donne même assez de mal, mon Dieu ! Vous ne pensez pas que je vais vous nourrir ? Il y a des soupes populaires dans tout Paris, et des bureaux de bienfaisance.

Fortuné, désignant une pile de conserves, demanda :

— Est-ce que je peux prendre une boîte de sardines, au moins ?

Il se souvenait d’avoir fait un jour semblable largesse à Béatrice. Mais celle-ci secoua la tête et répondit :

— Je les vends.

— C’est pourtant moi, reprit avec timidité Lorillard, qui vous ai donné cette épicerie…