— Pourvu, songeais-je, qu’on n’aie point balayé le plancher…
Cette crainte était futile. On aurait pu, raisonnablement, semer du gazon sous les banquettes, car il y avait là bien de la terre, et pour engrais, des débris de toute sorte. Je ne trouvai, pour commencer, que plusieurs bouts de cigarettes, cinq épingles, dont une anglaise, et les ossements épars d’un poulet. Mes doigts noircis, enfin, rencontrèrent une boule de papier, que je dépliai. J’eus alors sous les yeux la propre lettre de Calandrap, qui portait, en plus de la signature de l’ancien charcutier, l’indication de la rue et de la maison où désormais logeait Angèle, veuve de Dujardin.
J’enfonçai cette lettre dans ma poche et rejoignis le désespéré Lorillard.
— Il fait plutôt frais, ce soir, lui dis-je d’un ton détaché.
— Oui, murmura-t-il, encore assez…
Je lui touchai l’épaule.
— Lorillard, lui demandais-je, regardez-moi bien en face. Bon. A présent, mon cher garçon, je lis distinctement sur votre nez l’adresse d’Angèle.
— Sur mon nez ? s’écria-t-il, assez surpris.
— Ne bougez donc pas, continuai-je, affectant d’étudier d’encore plus près le milieu de son visage. Je vois à merveille… Écoutez : 7, rue Ducis. Est-ce cela ?
Il sursauta vivement :