— Mais je ne peux pas entreprendre cela, s’écria Lorillard effrayé.
Valentine éclata de rire.
— Que tu es bête, mon chou ! Bien sûr que tu ne vas pas t’amuser à reconstruire des villages. Dès que l’on saura que c’est toi qui a emporté le morceau, n’aie pas peur, les propositions ne te manqueront pas. Que de gens vont venir tirer la sonnette de M. Fortuné Lorillard ! Tu les écouteras très gentiment, tu attendras, et tu repasseras le marché au plus offrant. De même pour la commande de conserves, il faut vendre tout de suite. Après nous aurons autre chose.
Lorillard l’écoutait, buvant de temps à autre un peu de chartreuse, et secoué par l’impatience de posséder, aussi vite que possible, tout cet argent qu’on lui promettait.
— Les bénéfices seront entièrement pour toi, reprit Valentine. Surtout, ne te laisse pas extorquer de commissions par Ernest. Méfie-toi de lui, il est malin.
Elle regarda sa montre, et se leva.
— Je dois m’habiller et sortir, dit-elle, on m’attend. Ernest est à son bureau, il te donnera tous les renseignements, t’expliquera comment on opère.
Elle embrassa Fortuné, longuement, et comme il partait, elle ajouta, souriante :
— Nous dînerons ensemble ici, ce soir. Et puis après, après, tu sauras ce que c’est que mon petit caprice.
Lorillard, intrigué, la regardait. Elle ajouta, en l’accompagnant jusqu’à la porte :