Et puis, elle en vint à s’ennuyer. Cette vie tranquille, elle aurait de la peine à s’y faire… Valentine ne voyait personne, était complètement privée de relations, puisqu’elle avait rompu avec tous les amis de naguère.
Elle en était là, lorsqu’un matin, en traversant le Luxembourg, elle aperçut une jolie femme qu’elle crut reconnaître.
— Mais c’est Lucienne ! se dit Valentine, approchant.
Lucienne, assise, lisait. Sa mise était élégante, mais sérieuse. Son parfum, faible, était un parfum d’honnête femme. Enfin, elle se tenait avec correction, et ne regardait les hommes que lorsqu’ils l’avaient déjà dépassée.
Mise en confiance, Valentine s’installa près de Lucienne, qui d’abord se montra gênée. Elles s’embrassèrent pourtant, puis se questionnèrent.
— Je suis mariée, annonça orgueilleusement Valentine. Mon mari est dans les affaires…
— Mes compliments, répliqua Lucienne. Mais je suis baronne, moi !
Elle ajouta :
— J’attends le baron ; reste un moment, je te présenterai. Comment t’appelles-tu, maintenant ?
Valentine la renseigna. Puis, en souriant, elles évoquèrent leurs souvenirs. Elles s’étaient connues chez Mme Flairon, rue Tronchet… Une personne entendue, cette Mme Flairon, et commerçante ! C’est dans son établissement que Lucienne avait eu la chance de rencontrer le baron…