Il s’assit, en lut le début déjà reproduit, puis la suite, que nous résumons ici :
« … Non, je n’ai pas été déçue ! Celles qui ne connaissent pas les prophètes ne connaissent rien. Eurysthènes, à ce qu’il assure pratique l’amour selon les règles de Pythagore. C’est vraiment extraordinaire ! Quel homme que ce Pythagore, et quel homme aussi, cet Eurysthènes ! J’en restais éblouie. Mais il m’a dit, mon prophète :
« — Ignorez-vous donc, enfant, la puissance des nombres ? »
— Je n’aurais pas cru cela de lui, remarqua Fortuné. Mais si Valentine l’affirme, ce doit être vrai.
Il remit le papier en place, et s’en alla, songeant :
— Elle a raison, cette petite, de prendre un amant. Cela me donnera la liberté. Vive le prophète ! j’aurai des maîtresses.
Et Fortuné eut des maîtresses, un peu pour se venger, beaucoup pour le plaisir, mais surtout par vanité, pour montrer son opulence. Il en eut de tous les genres, de tous les tailles, des plates et des rebondies, des blondes, des rousses et des brunes. Il exigeait seulement qu’elles fussent élégantes. Mais, en réalité, il n’en apprécia qu’une seule, la moins élégante de toutes.
Elle se nommait Flora, et jouait régulièrement au Théâtre des Folies-Suggestives, à Montmartre. C’était une fille énorme, aux cheveux éclatants. Elle ne se plaignait point de Fortuné, qui se montrait généreux. Mais elle ne pouvait comprendre que dans les moments d’extrême abandon il s’écriât :
— Oh ! Angèle… Angèle… Angèle !
De fait, elle lui ressemblait un peu, à Angèle…
Ainsi se consolait Lorillard. Il supportait allègrement que Valentine s’abandonnât au prophète. Toutefois, il regrettait qu’elle eût fait un pareil choix. Car Eurysthènes, par la singularité de ses manières et de son costume, excitait les rires des voisins et le mépris du concierge, rires et mépris qui retombaient, pour une part, sur Valentine et sur son mari.