Le discours de Cloris quand Philandre la quitte.
[690] Var. [M'accuse injustement d'être trop peu discrète.]
MÉL. Vraiment tu me poursuis avec trop de rigueur:
Que te puis-je conter, n'ayant rien sur le cœur?
LA NOURR. Un chacun fait à l'œil des remarques aisées,
Qu'Éraste, abandonnant ses premières brisées,
Pour te mieux témoigner son refroidissement,
Cherche sa guérison dans un bannissement.
Tu m'en veux cependant ôter la connoissance;
Mais si jamais sur toi j'eus aucune puissance,
Par ce que tous les jours en tes affections
Tu reçois de profit de mes instructions[690-a],
Apprends-moi ce que c'est. MÉL. Et que sais-je, Nourrice,
Des fantasques ressorts qui meuvent son caprice?
Ennuyé d'un esprit si grossier que le mien,
[Il cherche ailleurs peut-être un meilleur entretien.] (1633-57)
[690-a] Dans l'édition de 1657, probablement par erreur:
Parce que tous les jours, en tes affections,
Tu reçois du profit de mes instructions.
[691] Var. Rembrase assez souvent une âme dégagée. (1633-57)
[692] Dispenser à.... accorder la dispense, la permission nécessaire pour faire quelque chose, autoriser à....
[693] Var. D'un bien dont un dédain fait mieux savoir le prix. (1633-57)
[694] Var. Faire qu'aux vœux de tous son visage réponde. (1633-57)
[695] Var. Leur faire bonne mine, et souffrir leur discours. (1633, 44 et 52-57)
Var. Leur montrer bonne mine, et souffrir leur discours.
[696]
Var. [Et paroissent ensemble entrer en concurrence:]
Ainsi lorsque plusieurs te parlent à la fois,
En répondant à l'un, serre à l'autre les doigts,
Et si l'un te dérobe un baiser par surprise,
Qu'à l'autre incontinent il soit en belle prise;
Que l'un et l'autre juge, à ton visage égal,
Que tu caches ta flamme aux yeux de son rival.
Partage bien les tiens, et surtout sache feindre,
De sorte que pas un n'ait sujet de se plaindre. (1633-57)