«Voilà, disent les frères Parfait, la première tragédie en prose; c'est à quoi beaucoup de personnes n'ont pas pensé, pendant la dispute de M. de la Motte et de ses adversaires[ [745]

Cette pièce n'est qu'une simple traduction de la Sophonisbe du Trissin; Corneille ne mentionne ni cet ouvrage ni le suivant, il ne les a probablement pas connus, et à coup sûr il ne les a pas eus sous les yeux.

3o La Sophonisbe de Claude Mermet, imprimée en 1583.

Claude Mermet, notaire ducal et écrivain de Saint-Rambert en Savoie, vint s'établir à Lyon, où il fit imprimer sa pièce sous ce titre, qui tiendra lieu d'une notice plus étendue:

«La tragedie de Sophonisbe, reyne de Numidie, où se verra le desastre qui luy est aduenu, pour auoir esté promise à vn mary, et espousée par vn autre; et comme elle a mieux aimé eslire la mort que de se voir entre les mains de ses ennemis. Traduite d'Italien en François par Claude Mermet.»

4o La Sophonisbe d'Antoine de Montchrestien, imprimée en 1596.

Cette pièce est la première de l'auteur. Elle figure dans le recueil de ses principaux ouvrages, sous ce nouveau titre: La Carthaginoise ou la Liberté. C'est encore une paraphrase de l'ouvrage du Trissin. Corneille connaissait cette tragédie. C'est la seule qu'il cite comme ayant précédé en France celle de Mairet[ [746].

5o La Sophonisbe de Nicolas de Montreux, imprimée en 1601.

Nicolas de Montreux, né au Mans vers 1560, signait d'ordinaire ses ouvrages du nom d'Olenix de Mont-Sacré, assez ambitieux anagramme qu'il avait choisi. Après s'être fait connaître à Paris, vers 1576, par ses romans, il fit jouer plusieurs pièces de théâtre. Sa Sophonisbe est, comme toutes les tragédies françaises dont nous avons parlé jusqu'ici, une imitation de celle du Trissin. Corneille n'a pas cité cet ouvrage; il le connaissait cependant, car il a profité d'un assez beau mouvement qui s'y trouve, et que ne lui avaient fourni ni les auteurs de l'antiquité ni le Trissin[ [747].

6o La Sophonisbe de Mairet, représentée en 1629.