[70] Var. Et ce qu'il ôte au père, il veut le rendre au fils! (1653-64)
[71] Var. Et que le seul Auguste ayant osé tenter. (1653-56)
[72] Var. Cet effort sans exemple en sa gloire parfaite. (1653-63)
[73] «Andromaque dit à Pyrrhus (acte I, scène IV)
Seigneur, que faites-vous? et que dira la Grèce?
Faut-il qu'un si grand cœur montre tant de foiblesse,
Et qu'un dessein si beau, si grand, si généreux[ [73-a],
Passe pour le transport d'un esprit amoureux?...
Non, non; d'un ennemi respecter la misère,
Sauver des malheureux, rendre un fils à sa mère,
De cent peuples pour lui combattre la rigueur,
Sans me faire payer son salut de mon cœur;
Malgré moi, s'il le faut, lui donner un asile:
Seigneur, voilà des soins dignes du fils d'Achille.
On reconnaît dans Racine la même idée, les mêmes nuances que dans Corneille; mais avec cette douceur, cette mollesse, cette sensibilité, et cet heureux choix de mots qui porte l'attendrissement dans l'âme.
Grimoald dit à Rodelinde (vers 740):
Vous la craindrez peut-être en quelque autre personne.
Grimoald entend par là le fils de Rodelinde, et il veut punir par la mort du fils les mépris de la mère; c'est ce qui se développe au troisième acte. Ainsi Pyrrhus menace toujours Andromaque d'immoler Astyanax, si elle ne se rend à ses désirs (acte I, scène IV):
Songez-y bien: il faut désormais que mon cœur,
S'il n'aime avec transport, haïsse avec fureur;
Je n'épargnerai rien dans ma juste colère:
Le fils me répondra du mépris[ [73-b] de la mère.» (Voltaire.)