[231] Ce vers se trouve déjà, en 1641, dans l'Andromire de Scudéry (acte IV, scène IV, vers 48), et en 1643, dans son Ibrahim (acte V, scène II, vers 68). Ferrier, en 1678, l'a placé dans son Anne de Bretagne (acte II, scène II, vers 94). C'est à M. Ravenel, conservateur sous-directeur de la Bibliothèque nationale, que je dois ces curieux rapprochements.
[232] Les éditions de 1668 et de 1682 portent seules leurs voix, au pluriel.
[233] Var. C'est pour un grand monarque avoir bien du scrupule. (1659-64)
[234] Dans le sens où Tacite a dit: imbecillum.... sexum, «le sexe faible,» et imparem laboribus, «et incapable de fatigues.» (Annales, livre III, chapitre XXXIII.) La suite de ce passage des Annales exprime une idée analogue à celle que vient de rendre Cléante: sed, si licentia adsit, sævum, ambitiosum, potestatis avidum, «mais, quand on le laisse faire, cruel, ambitieux, avide de pouvoir.»
[235] Voyez l'Œdipe roi de Sophocle, vers 35 et suivants (édit. Boissonade), et l'Œdipe de Sénèque, acte I, vers 92 et suivants.
[236] «J'oubliais de dire que j'ai pris deux vers dans l'Œdipe de Corneille. L'un est au premier acte:
Ce monstre à voix humaine, aigle, femme et lion.
L'autre est au dernier acte (scène dernière, vers 1984); c'est une traduction de Sénèque:
Nec vivis mixtus, nec sepultis;[ [236-a]
(Et le sort qui l'accable)
Des morts et des vivants semble le séparer.
Je n'ai point fait scrupule de voler ces deux vers, parce qu'ayant précisément la même chose à dire que Corneille, il m'était impossible de l'exprimer mieux; et j'ai mieux aimé donner deux bons vers de lui, que d'en donner deux mauvais de moi.» (Voltaire, Lettres à M. de Genonville sur Œdipe, lettre V.)