L'amour—l'amour passionnel—veut la complication charmante de la caresse, veut la diversité dans l'acte qui le caractérise.
Qu'on ne vienne pas me dire qu'en parlant ainsi, j'émets une monstruosité.
L'amour sentimental, platonique, dont les puritains vantent les vertus, se contente-t-il de la même chanson, de la même élégie, du même son de voix?
Pourquoi refuserait-on, à l'amour physique, dans ses manifestations, la diversité de la sensation, alors que l'on accorde à son timide frère, l'amour platonique, la diversité des sentiments?
La chair, qui est visible, n'a pas moins de droits que l'âme qu'on ne voit pas, et si l'on trouve bon que l'une aime à écouter différents modes de concerts spirituels, on ne peut trouver mauvais que l'autre souhaite d'éprouver des émois qui ne se ressemblent pas.
L'abbé de Mervil serait ou paraîtrait scandalisé par cette théorie. Mais l'abbé de Mervil qui est terrible, dans son confessionnal, serait plus indulgent aux pénitentes s'il y avait une Cour, en France, encore, et s'il en était. Je la lui ferais connaître, alors, ma théorie. Et je suis convaincue qu'en humant une prise, il se donnerait le temps de la comprendre et de... l'approuver.
LES SENSATIONISTES
Il est, paraît-il—c'est la toute blonde Mme de Sorget qui a fait cette révélation—c'en est une pour moi—dernièrement, chez la marquise d'Oboso—un genre de femmes amoureuses que caractérise un qualificatif tout spécial. On les appelle et elles s'intitulent des sensationistes.