Finette se retenait sur cette pente qui menaçait de la faire rouler jusqu’aux pieds d’un homme. Un bon moyen de se défendre, c’était de retourner à ses vieilles habitudes de famille, de remonter sur les tréteaux intimes où l’attendait encore son frère. Elle se reprenait à ces dialogues, à ces pantalonnades, où livrant Gille à leur malice commune, elle se prenait à rager et à souhaiter de le voir sous leurs coups perdre sa prestance et vider la scène.
Pour cela elle attachait son esprit à ce qui la choquait si facilement dans les opinions un peu confuses mais solennelles que Gille dépliait à moitié et assez brusquement devant eux, dans des moments d’impatience. Mais Luc, fatigué de jouer les confidents et bien placé pour voir la direction que prenaient les événements, déclarait :
— Il va te plaquer, ton amant, un de ces quatre matins.
— C’est généralement comme ça que ça se passe.
— Ça m’agacera tout de même un peu de voir ce garçon s’en aller avec son air dégoûté ; tu aurais dû lui faire passer cet air-là. Tu as bien voulu jouer son petit jeu parce que tu n’avais rien de mieux à faire cet été, et puis voilà tout.
— Bah ! il faut laisser les gens. Et puis il se dépêcherait de me détester, pour se donner le droit de ne pas me croire.
— Non, non, il est sensible. Une bonne rosserie fait toujours son chemin chez lui.
— Non, il fait semblant.
— Enfin, il exagère.