— Françoise. Ce n’est pas le même article, vous savez.
— J’espère bien.
— Petit salaud. Vous n’avez même pas vu que cette pauvre Molly était montée et qu’elle vous a attendu au coin de l’allée.
— Si, si.
Gille alla vers cette Françoise qui, les jambes écartées et les mains plongées dans sa cotte rouge, regardait tour à tour sa voiture et Luc. Celui-ci jetait un fracas de paroles sur Lady Hyacinthia qui gloussait avec affabilité un excellent français.
Gille interrogea cette petite bonne femme. Elle habitait à une lieue de là dans une grande ferme où elle élevait des chevaux.
— Vous comprenez, nous nous sommes mis au travail. Mon mari fait de l’électricité pour tout le département et moi je travaille pour le pari-mutuel. Paris, je l’ai assez vu. Au moins, en province on parle encore français. Vous, vous êtes un de ces blêmes Parisiens qui fumez l’opium, ou faites l’amour avec des Américaines, quand ce n’est pas pire.
— Je voyage.
— Je suis sûr que vous étiez mieux pendant la guerre ; vous n’aviez pas cette mine-là.
— C’est vrai, à Paris, je vis la nuit.