Gille vint s’asseoir modestement entre Finette, confite dans la plus hypocrite quiétude et Molly pincée, mais qui, pour ne pas mentir à ses opinions libérales, parla d’autre chose, de façon assez fluente.

Le dîner remit tout le liant souhaitable entre eux, grâce à des coquetailles et à la verve de Luc qui tenait l’excellent sujet de l’Anglaise. Le rire eut vite détendu Molly, ce qui encouragea Gille à lui jeter quelques regards sournois d’enfant prodigue. Elle y répondait comme quelqu’un qui est décidé à tuer le veau gras le soir même, ce qui ne laissa pas d’effrayer le jeune coureur. Mais il était fort animé et suivant son penchant il ne put résister à l’envie de ressaisir ce qu’il avait lâché. Pourtant après ce repas il revint à Finette.


— On a parlé beaucoup de vous, tantôt, dit Finette flatteuse.

— Ah oui ! Elle est gentille, votre amie.

— Laquelle ? Vous lui plaisez énormément. Mes compliments, c’est une belle fille.

— Vous trouvez ? Elle n’a pas de beaux yeux.

— Elle a une belle peau.

— Oui, mais ses dents sont drôlement plantées.

— Jeune goujat… Pourtant vous aimez les femmes.