Personne ne vous aime plus que moi.
Victor[120].
[120] Victor Hugo: Correspondance, 1815-1835, pp. 219-220.
Le lendemain c'est le tour d'Alfred de Vigny, «Vigny qu'on avait oublié dans cette cérémonie malgré ses titres de noblesse et les autres»[121], et, à la satisfaction du jeune légionnaire se mêlent de jolies notes sur Blois.
[121] Léon Séché: Alfred de Vigny et son temps, p. 113.
«Il est vrai que ce fils de royalistes, cet officier de la garde royale, n'avait été inspiré ni par la mort du duc de Berry, ni par celle de Louis XVIII, ni par la naissance du duc de Bordeaux. Un jour, trente ans plus tard, on lui demanda de faire une poésie sur la naissance du prince impérial. Il répondit qu'il n'avait jamais su faire ces choses-là.» (Ibid., en note.)
A Monsieur le comte Alfred de Vigny,
rue Richepanse, Paris.
Blois, 28 avril 1825.
Il ne faut pas, cher Alfred, que vous appreniez d'un autre que moi les faveurs inattendues qui sont venues me chercher dans la retraite de mon père. Le Roi me donne la croix et m'invite à son sacre. Réjouissez-vous, vous qui m'aimez, de cette nouvelle; car je repasserai à Paris en allant à Reims, et je vous embrasserai.
Je compte faire le voyage avec notre Nodier, auquel je viens d'écrire. Vous nous manquerez.
Tous les honneurs, du reste, portent leur épine avec eux. Ce voyage me force à quitter pour quinze éternels jours cette Adèle que j'aime comme vous aimez votre Lydia[122], et il me semble que cette première séparation va me couper en deux.