Victor.

Paris, 26 juillet.

Je tâcherai de remettre en personne ta lettre au général d'Hurbal.

Je renouvelle mes démarches pour la Société de Blois.

Dans ma prochaine lettre, je te parlerai de tous les travaux auxquels le bonheur va me permettre de livrer un esprit calme, une tête tranquille et un cœur content. Tu seras peut-être satisfait. C'est au moins mon plus vif désir.

Le poète des Odes continue à assurer, à Paris, le service de presse du Journal de Thionville,—un exemplaire en a été remis au rédacteur du Dictionnaire des Généraux français—et à prêter son appui aux difficultueux débuts de la Société littéraire de Blois.

Le général, non content de manier la prose, «sacrifie aux muses». Il a envoyé à son fils une copie de son poème, la Révolte des Enfers. Victor Hugo se montre moins sévère que dans le Conservateur littéraire. Il a lu et relu les alexandrins paternels—les Mémoires du Général valaient beaucoup mieux,—s'extasie devant un vers assez médiocre, et admire que son père ait «mis si peu de temps à faire» ce «joli poëme».

Mon cher Papa,

Au moment où je commence cette lettre, on m'apporte l'argent du mois. Les 36 francs qui y sont joints seront remis aujourd'hui même à leur destination. Les exemplaires de l'intéressant Journal de Thionville que tu destinais à l'Académie des Sciences et au rédacteur du Dictionnaire des Généraux français sont déjà parvenus à la leur.

J'ai reçu en même temps que ta dernière lettre un paquet de M. le Secrétaire de la Société de Blois. J'aurai l'honneur de lui répondre directement dès que les nouvelles démarches que je viens d'entreprendre m'auront donné un résultat quelconque. Il est tout simple, cher Papa, que j'apporte beaucoup de zèle à cette affaire: tu y prends intérêt.