Mais à côté de la mer de Sorrente et de son «flot hexamètre», eût spécifié Corbière, que de talents se dessinaient et donnaient alors des espérances de succès et de gloire: Guiraud, Gaspard de Pons, camarade de Vigny à la Garde royale, Adolphe de Saint-Valry, moins euphoniquement Souillard dans la vie privée et châtelain à Montfort-l'Amaury, le toulousain Jules de Rességuier et tant d'autres, injustes oubliés de la grande critique, dont les murmures de l'Anio n'ont pas empêché l'implacable Léthé de submerger les noms.
Elles sont contemporaines de cette génération et la rappellent, ces lettres. Souvent, elles complètent, et rectifient parfois, les souvenirs de jeunesse dictés par Olympio à sa femme, dans Victor Hugo raconté par un Témoin de sa Vie[3].
[3] Édition consultée: Victor Hugo raconté par un Témoin de sa Vie, avec œuvres inédites de Victor Hugo, entre autres un drame en trois actes: Inez de Castro. Paris, A. Lacroix, Verbœckhoven et Cie, 1867, 2 in-12 de 376; 419 pp.
Le grand homme aimait trop la légende pour n'en point créer autour de lui quelques-unes, surtout lorsqu'elles faisaient bien et prêtaient à antithèse. D'où le père bonapartiste et la mère vendéenne.
La gloire claironnante du fils a pu faire négliger assez communément celle, assez restreinte, du père, le «héros au sourire si doux[4]», et ses Mémoires: il ne messied point de le mieux connaître[5].
[4] La Légende des Siècles: Après la Bataille.
[5] Mémoires du général Hugo, gouverneur de plusieurs provinces et aide-major général des armées en Espagne. Paris, Ladvocat, 1823, 3 in-8º de 175-292, CII; 388 et 480 pp.
Ces Mémoires «contenant l'Histoire abrégée des guerres de la Révolution française depuis 1792 jusqu'en 1815, et notamment les campagnes des armées du Rhin, de la Vendée, d'Italie, d'Espagne», et la relation des deux sièges de Thionville, sont précédés de Mémoires inédits sur la guerre de Vendée, par le général Aubertin.
Un Précis historique, dû à Abel Hugo, des Événements qui ont conduit Joseph Napoléon sur le trône d'Espagne sert d'introduction à la deuxième partie des Mémoires du général Hugo, (T. II; pp. V-CII).
Dans son autobiographie, les souvenirs d'enfance et de jeunesse de Victor Hugo débordent d'affection et de reconnaissance,—c'était justice,—pour sa mère, cette Sophie Trébuchet, épousée, en 1796, par le général, alors simple capitaine et qui devait être si parfaite et si indulgente pour ses enfants, lorsqu'une aventurière corse, plus tard épousée, aurait fait abandonner à leur père le domicile conjugal et la vie commune.