Adieu, bien cher et bien excellent père, je m'occupe en ce moment de ramasser de la besogne pour notre séjour à Blois, qui nous promet tant de bonheur.
Notre Didine est charmante. Elle ressemble à sa mère, elle ressemble à son grand-père. Embrasse pour elle sa bonne marraine.
Ton fils tendre et respectueux,
V. H.
Où en est ta demande près du ministre? Veux-tu que je m'en informe? As-tu vu que des exceptions ont été faites[94]?
[94] Le Moniteur (20 février 1825) chercha à les expliquer:
«Plusieurs journaux ont annoncé que quelques-uns des officiers généraux mis en retraite par l'ordonnance du 1er décembre 1824, avaient été, par une exception ou faveur spéciale du Roi, rétablis sur le cadre de l'État-major général de l'armée.
«Nous nous sommes assurés que rien n'est moins exact et qu'aucune exception à cette ordonnance n'a été faite; à la vérité quelques officiers généraux qui avaient été d'abord considérés comme compris dans une des deux positions qu'elle détermine ont réclamé: ils ont produit de nouveaux documents; et un examen approfondi de leurs réclamations et des nouvelles pièces fournies, a fait reconnaître qu'ils ne remplissaient pas les conditions exigées par l'ordonnance pour l'admission à la retraite; ils ont été alors et ont dû être maintenus dans le cadre de l'État-major général, non par une exception prononcée en leur faveur comme on l'a prétendu, mais par une suite naturelle de l'exécution impartiale de l'ordonnance du 1er décembre 1824.»
Ces deux lettres se sont croisées avec celle du général annonçant sa venue et celle de sa femme à Paris. Les grands-parents connaîtront donc leur petite-fille, avant qu'on la leur ait menée à Blois.
Mon cher papa,
Tu as vu que nos lettres se sont croisées. Je désire que notre lettre t'ait fait autant de plaisir que la tienne nous en a fait. Elle ne pouvait nous apporter de plus agréable nouvelle que celle de votre prochaine arrivée; et j'espère presque, en t'écrivant celle-ci, qu'elle ne te trouvera pas à Blois.