Tu ne saurais croire quelle fête nous nous faisons de vous présenter notre Léopoldine toujours petite, mais toujours bien portante et si gentille... elle vous aimera tous deux comme nous l'aimons, nous ne saurions dire davantage.
Nous nous applaudissons presque d'avoir été une partie du mois sans nouvelles de toi puisque tu as été malade. Nous aurions eu des inquiétudes, maintenant nous n'avons que le plaisir de te savoir rétabli.
Adieu, bon et cher papa, je ne t'en écris pas plus long puisque nous pourrons bientôt communiquer de vive voix.
Quelles que soient les affaires qui t'amènent, tu sais que tu peux compter en tout et pour tout sur notre dévoûment comme sur notre tendre et respectueux attachement.
Embrasse pour moi la bonne marraine de ta Léopoldine.
Victor.
Ce 27 février.
VI
Le voyage à Blois.—Une lettre de Victor Hugo au dessinateur Queyroy.—Deux poètes nommés chevaliers de la Légion d'honneur.—Les sables de la Miltière.—Le sacre de Charles X.
En avril 1825, le projet si longtemps caressé d'un voyage à Blois put enfin être mis à exécution.
Victor Hugo et sa femme, elle nourrissait Léopoldine, prirent la malle-poste et arrivèrent à Blois, au matin, par la rive gauche de la Loire[95].