—Tiens, ceci est pour toi.
Le général, charmé en effet, garda le brevet et, en échange détacha de sa boutonnière son ruban rouge[113] qu'il mit à celle de son fils[114].
[113] Le général était officier de la Légion d'honneur du 14 février 1815.
[114] Victor Hugo raconté par un Témoin de sa Vie, tome II, p. 83.
Le 29 avril seulement, le Moniteur annonçait la distinction dont Lamartine et Victor Hugo venaient d'être l'objet:
«Le Roi vient de nommer MM. Alphonse de Lamartine et Victor Hugo, chevaliers de la Légion d'honneur[115].»
[115] Moniteur Universel, nº 119, vendredi 29 avril 1825, partie non officielle.
Le 12 mai suivant, le nouveau chevalier n'avait encore ni croix, ni papiers[116].
[116] Lettre écrite de la Miltière à M. Foucher, le 12 mai 1825.
Ce Roi qui, par ordonnance spéciale, venait de décorer deux poètes, n'était plus Louis XVIII, mort le 16 septembre 1824, à 4 heures du matin, mais le comte d'Artois, devenu Charles X.