«Une robe à la mode doit-être assez courte pour que, lorsqu'une femme marche, on voit le tour que forment les rubans-cothurnes des souliers au-dessus de l'endroit où il se croisent. Aussi les bas à jour sont-ils très recherchés[161]».
Quant aux fillettes, leurs pantalons sont tellement longs que, sans ambage, on les dit «en pantalon»:
«Les cerceaux... Regardez cette jolie enfant en robe courte, en pantalon...»[162].
Quelques femmes en portent pour se baigner et leur costume de bain mérite d'être décrit. C'est une nouveauté, comme l'école de natation où il est obligatoire:
«Un spéculateur vient de former près du Pont-Neuf, un établissement où les dames et les demoiselles du bon ton peuvent non seulement se baigner, mais apprendre à nager sans aucune espèce d'inconvénients. Chaque leçon coûte 30 sols, ou par abonnement 25 sols. Le costume de rigueur se compose d'un caleçon ou d'un pantalon-veste d'un seul morceau, en flanelle ou en mérinos. La veste est sans manches. Autant qu'il est possible, les commençantes doivent porter le caleçon préférablement au pantalon, qui gênerait leurs mouvements.
«La dame qui nous a communiqué ces détails, s'est trouvée aux bains du Pont-Neuf avec des Anglaises et de jeunes Françaises de très bonne compagnie».[163]
Pour monter à cheval, au contraire, nombre d'amazones n'en portent pas et certaines ont trouvé ce moyen d'obvier aux inconvénients du vent et du galop: «Un long jupon de couleur descend presque jusqu'aux jarrets du cheval; il est retenu sous le pied par une espèce de chaînette dorée qui traverse le jupon, ce qui le force à dessiner gracieusement les formes. Mais ce nouveau moyen de prévenir les inconvénients attachés à un exercice qui peut parfois compromettre la décence des femmes n'offre-t-il pas un danger éminent dans le cas d'une chute? Au reste, c'est le genre du jour; et ce n'est pas à nous, prêtresses de la mode, à blâmer ouvertement les abus où elle peut entraîner».[164]
Si incomplet qu'il puisse paraître aujourd'hui, le trousseau des femmes était luxueux cependant. Le Journal des Dames et des Modes du 25 décembre 1821, signalait dans le trousseau d'une nouvelle mariée une «camisole destinée à la première nuit de noces... du prix de 500 francs».
La camisole de noces, pourquoi pas la chemise à trou?
De son côté, le luxe des bas ne diminuait pas. Le 5 janvier 1822, figuraient parmi les objets qui ont du débit: