Loin de partager l'enthousiasme du journal de La Mésangère, l'Hermite rôdeur saisit surtout le ridicule de ces modes qui l'étonnent:
«Nous avons nos précieux ridicules en fait de modes, dans le XIXe siècle, et jamais nos ancêtres ne nous ont fourni une chose plus extraordinaire que l'échange des culottes et des jupons entre les deux sexes; car tandis que nos belles ont usurpé les pantalons, le sexe qui en tout devrait être mâle, a emprunté la toilette des femmes, en portant des corsets, des estomacs matelassés, de larges pantalons, pareils à des jupons, et même des pantalons plissés, qui ressemblent tellement à des jupes, qu'il est difficile de les distinguer.»[178]
Les ridicules des femmes ont pour excuse la mode, (une jolie femme est-elle jamais ridicule?) ceux des hommes se pardonnent moins.
D'ailleurs, elles continuaient à s'embarrasser si peu de ces «objets-là»le mot est d'une très honnête dameet le pantalon restait si bien l'apanage des petites filles, que, par ce détail seulement, leur costume différait de celui des grandes personnes:
«Si l'on excepte un pantalon de perkale à larges remplis, le costume des petites filles est pareil à celui de leurs mamans»[179].
Pour ces femmelettes, il semble, par contre, de rigueur:
«Pour les petites demoiselles, on porte toujours sous la blouse un pantalon de perkale à cinq remplis»[180].
Les frileuses ignorent encore l'ignoble travesti des pantalons de flanelle ou de futaine; des guêtres en tiennent lieu:
«On fait pour les dames des guêtres qui montent jusqu'aux genoux; elles sont les unes en batiste écrue, les autres en laine, et tiendront lieu de pantalons»[181].