Ce pantalon avait même parfois des sous-pieds:
«Nous avons vu en tilbury des dames portant le costume suivant: amazone de drap fumée de Navarin à jupe sans queue. Corsage à shall, chemise d'homme plissée à petits plis plats, et fermée par trois boutons d'or émaillé; col plaqué contre les joues; cravate de soie noire; sautoir en cachemire rouge croisé comme un petit shall; pantalon de bazin à sous-pieds, et brodequins de satin turc»[191].
«La fâcheuse androgyne», moins le «tailleur», qui, avec la chemise d'homme constitue son invariable uniforme. Le tailleur n'était pas encore trouvé.
L'été, à la campagne, les élégantes se décident enfin dans deux circonstances, à enfiler un pantalon: le matin, pour descendre au jardin, ou, l'après-midi, pour monter à cheval. Le reste du temps, elles se gardent bien d'en porter:
«Une élégante fait, à la campagne, trois et quelquefois quatre toilettes par jour. En se levant elle met un peignoir de jaconat blanc, garni d'un double volant, haut de deux pouces et plissé à gros tuyaux, un pantalon de mousseline et des guêtres: c'est le costume pour se promener dans le jardin, en y ajoutant un grand chapeau de paille d'Italie, avec brides garnies»[192].
A cheval, le pantalon était d'autant plus nécessaire qu'à la campagne, les «Merveilleuses» substituaient volontiers à l'amazone, dont la queue les gênait, une fois descendues de cheval, leurs robes de ville et l'on sait si elles étaient courtes:
«A la campagne beaucoup d'élégantes font leurs visites à cheval. Les robes d'amazone étaient incommodes à cause de leur longueur. On monte à cheval avec des robes aussi courtes que les robes ordinaires et un pantalon garni»[193].
Sous l'amazone, par contre, le pantalon disparaissait quelquefois et était remplacé par des guêtres:
«Quelques dames montent à cheval avec des guêtres de chevreau lacées par le moyen d'œillets métalliques ou bouclés avec de petites boucles d'or»[194].