Mâtin!

Le Journal des Dames et des Modes, bien que faisant apparaître dans un dessin de 1829,hardiesse qu'il avait eue déjà en 1827[195]le volant serré autour de la cheville d'un «pantalon de jaconat»[196] sous une toilette de ville, s'étonne de voir au Wauxhall:

«Une jeune femme portant un pantalon blanc garni de mousseline brodée tombant jusqu'à la cheville, sous une robe de popeline unie gris-argent, très courte»[197].

C'était, évidemment, une audacieuse, car, à ce «concert d'Amateurs», elle était loin de la promenade au jardin, l'été, à la campagne.

Il lui semble plus grave encore de se livrer à de semblables exhibitions dans le jardin des Tuileries. Cette fois, tout juste s'il ne proteste pas:

«Encore une élégante se promenant aux Tuileries en pantalon! Ce dernier presque collant était de bazin; il descendait jusqu'au talon du brodequin, était échancré sur le coudepied, et avait des sous-pieds, retenus de chaque côté par un petit bouton d'or. Que l'on ne se figure pas un habit d'amazone: la dame qui portait ce pantalon, avait une robe de soie»[198].

A part les sous-pieds, l'émoi de la gazette peu sembler exagéré: n'est-ce pas aux Tuileries, précisément, qu'elle avait pris, deux ans plus tôt, le modèle qui avait figuré dans ses Costumes Parisiens?

Ce sont, il est vrai, plus que jamais des exceptions. Le froid d'un hiver rigoureux ne parvient pas même à faire accepter aux femmes l'ennui et la gêne d'un pantalon. Les frileuses ont recours à deux paires de bas qu'elles mettent l'une sur l'autre: