«Les dames élégantes qui désirent être bien chaussées portent des bas fins et à jour; mais, pour ne pas souffrir du froid, elles ont en dessous des bas très longs, couleur de chair. Ces derniers tiennent lieu de caleçons et s'attachent à la ceinture comme ceux des enfants»[199].
Des tirettes sinon des jarretelles.
Ce n'était là qu'un pis-aller. Si les jambes et à la rigueur une partie des cuisses étaient protégées, il n'en était pas de même du reste: le «pauvre derrière» de ces dames conservait toute sa froideur, cette «...froideur du derrière, image de la mort»[200], que chanta le bon poète chansonnier Maurice Mac-Nab.
Après les jarretelles, les chaussettes. Rien n'est nouveau sous le soleil, ni même ailleurs:
«Au Théâtre-Italien, sur l'escalier qui descend au vestibule, une dame se posait de façon à faire voir des babouches brodées en or et en couleur; des chaussettes de soie ponceau lui couvraient le bas des jambes»[201].
O Willy, ô Curnonsky!
Seule la toilette négligée ou de voyage semble comporter un pantalon. L'apôtre du «dandysme», le connétable Jules Barbey d'Aurevilly, en fait porter à la Vellini, dans Une vieille Maîtresse:
«Elle était vêtue comme une femme qui descendrait de vaisseau après une traversée. Elle avait une robe de voyage en étoffe écossaise, à grands carreaux écarlates, avec un pantalon de la même couleur»[202].
A part les chevauchées à la campagne, les surprises des parties sur l'herbe et les hasards des voyages en diligence, «les Parisiennes (qui) ont peu de gorge et la jambe bien faite», tiennent à la montrer, avec des jarretières historiées et des bas brodés en or et argent. Ainsi, «la mode des robes courtes, même très courtes, s'explique toute seule»[203].