La gorge ne leur venant pas, sans doute, les jupes demeuraient courtes, et ces dames laissaient apercevoir plus qu'à demi leurs jambes, sans que les plus timorés se scandalisassent.
Heureuse époque! c'était celle du «bas blanc, bien tiré», auquel les chasseurs de la butte ne joignaient pas le commerce rémunérateur de la «coco» et autres stupéfiants.
La «drogue» ne sévissait pas et Josette ne suçait pas le bambou.
A la cour du vieux Charles X, on faisait, par contre, profession de plus de pruderie. On ne regardait pas, ou on feignait de ne pas regarder les jambes des aimables filles qui venaient y danser le ballet de la Somnambule:
«Des personnes auxquelles rien n'échappe ont cru remarquer que pendant les ronds de jambe et les pirouettes de Mesdemoiselles telles et telles dans le ballet pantomime de la Somnambule, les dames de la Cour ont constamment tenu les yeux baissés sur le livret (libretto des italiens). D'autres regards se portaient franchement sur les jolies jambes de Mlles *** ****»[204].
Pouah! cela sent son Bérenger. Mais ces dames pouvaient avoir une excuse: ayant la jambe mal faite, la comparaison les effrayait.
La rigueur de l'hiver de 1830, incita cependant quelques frileuses à faire tomber sur les jours de leurs bas les tuyaux de cheminée de pantalons de satin ou de velours noir:
«Dans trois différents quartiers nous avons vu des dames en pantalon de satin noir ou de velours noir, garni d'une broderie de chinchilla ou de martre»[205].
Cette mode ne prit pas heureusementc'était un peu le musée des horreurs ces pantalons annamiteset le silence du Journal des Dames semble indiquer que la percale et le bazin subissaient eux-mêmes une éclipse.