L'avènement du roi-citoyen ne semble pas avoir amené celui de l'«inexpressible». La gazette reste muette à son sujet et il faut arriver à l'année 1833 pour assister à sa résurrection.
Non contentes de le porter à la campagne, quelques jeunes femmes essaient de le conserver chez elles, «pour la chambre».
A son tour, le Journal des Femmes signale son utilité dans des périphrases que n'aurait point désavouées l'excellent abbé Delille:
«A la campagne, les pantalons sont une nécessité pour les femmes comme pour les jeunes personnes. Comment oser se risquer sur un noble coursier, ou sur l'animal aux longues oreilles sans un pantalon protecteur contre les chutes? Or donc, ces pantalons en jaconas sont taillés soit à la turque très larges, à plis ou à froncés et montés sur un poignet qui ferme sur la cheville, soit à la russe avec des fronces retenues sur le sous-pied, et agencées avec un morceau d'étoffe figurant une guêtre»[206].
Ce n'était déjà pas mal; il y eut mieux.
«Enfin, pour la chambre, il y a des pantalons en mousseline, et, le dirai-je? telle est la faveur de la dentelle noire, les pantalons sont garnis du bas par une petite ruche de dentelle de cette nuance»[207].
Le pantalon avec bordure de deuil.
La campagne, les parties d'âne... cette chanson déjà entendue n'eut pas plus de succès en 1833, que dix ans plutôt. Elle ne convainquit personne et c'est tout juste si, en 1837, on ne faisait pas cercle, à l'Opéra, autour d'une Anglaise coupable de n'avoir pas sacrifié ses culottes à la musique de Meyerbeer.
La toilette de la dame était d'ailleurs sensationnelle. Il y avait de la muse romantique dans sa coiffure et dans sa silhouette: «Les cheveux en boucles flottantes sur ses épaules et tout autour de sa tête; une robe de mousseline empesée et très écourtée, un large pantalon à deux rangs de garnitures.
«Cette dame prenait pour de l'admiration, ce qui n'était qu'une ironique curiosité de la part de toute cette foule»[208].