«Le linge d'intérieur est depuis longtemps un luxe de prédilection pour les dames de Paris. C'est lui qu'elles recherchent avec le plus de soin et qu'elles placent bien au-dessus de la toilette extérieure. Les jupons, les pantalons, les camisoles, les bonnets de nuit, les taies d'oreillers forment par leur prix la partie la plus importante d'un trousseau bien entendu»[220].
Les pantalons des fillettes étaient tantôt blancs, tantôt en jaconas, tantôt en cachemire, garnis de dentelle, d'une broderie anglaise, d'une broderie en soutache, soit d'un feston. Ceux de leurs mères étaient plus simples.
Parlant d'une élégante, Mme de Renneville aura soin de noter «ses pantalons brodés, retenus par un poignet, au-dessus de ses bottines à élastiques»[221].
Les bottines à élastiques, oh! oui... et les pantalons de feutre, comme à Berlin!
Pantalon à poignets et bottines à élastiques, c'est bien ce que le caricaturiste Richard, dévêt, à Ostende, sous les jupes d'une pauvre dame,une Anglaise, naturellementque le vent vient de coiffer de ses jupes.
Le sujet n'est pas nouveau et a par la suite prêté à de fréquentes pochades. Mais, en 1844, il pouvait paraître nouveau dans l'Illustration[222], où la caricature de mœurs n'avait pas conservé la liberté du crayon de Carle Vernet et d'Isabey.
Un roman bizarre de l'époque,[223] déniché sur les quais, dans la boîte à vingt sous, en fait porter à son héroïne. Dans cette production tenant à la fois du pamphlet et de l'autobiographie, se trouvent déjà des cris de colère et des rages à la Strindberg.
Ni Quérard, ni Barbier ne permettent de percer l'anonymat de l'auteur de ce Confessionnal des Jésuites. Trompé, il le fut évidemment, et, évoquant ses jalousies passées et les départs hâtifs de l'adultère pour quelque rendez-vous, il se remémore parmi les dessous de l'infidèle, ses pantalons. Il y a dans sa songerie à la fois de la délectation morose et plus encore de l'amertume. Les pantalons ne constituaient-ils pas surtout une défense contre lui?
«Il y avait pour le blanchissage d'une semaine... une profusion de ces jolis pantalons garnis, qui font de nos femmes des pigeons pattus... tout cela pour une semaine»[224].
Le mari, épluchant, après l'accident, le linge sale et le livre de blanchissage de sa femme... mais, j'ai entendu parler de cela, jadis: à Lille, je crois. Je crois même qu'il encaissa de l'amant une gifle qu'il ne rendit pas... mais, tout cela est si vieux!