La dame du Confessionnal voyait moins, faut-il le dire, dans le pantalon, un piment pour les déshabillés des cinq à sept, qu'une défense, la nuit, contre les entreprises de l'époux.
Fermés, alors?
Mais oui, Madame, et la nuit encore!
«Puis après avoir fait sa toilette de nuit avec précipitation, éteint les lumières au moindre bruit, Madame mettait un pantalon... vertugadin de nouvelle espèce contre les insolentes tentatives d'un mari; elle avait eu soin, pour ses courses du soir, de ne pas s'en embarrasser les jambes, cela eût gêné ses mouvements»[225].
Tu parles! ajouterait Bossuet.
Mais c'est bien de la délectation morose, en même temps que de la jalousie: ces dessous flottent dans ses souvenirs.
«Ah! alors qu'elle se parait, rien de trop beau, magnifiques cheveux d'emprunt, puis les bas de soie rose rayés à jour pour une dévote qui ne va plus dans le monde, puis cette profusion de petits fichus brodés pour cacher discrètement un sein qu'on ne voudrait pas montrer et pour cause, et ces jolis petits pantalons avec ces jolies petites garnitures de dentelles, qu'on sait ôter si prestement au besoin, mais qu'on garde comme une barrière aux entreprises du mari»[226]...
Il n'y a pas à dire, ils étaient fermés. Quant à leur joliesse et à leur petitesse, n'exagérons rien: non, pigeons pattus... enfin, si ça l'excitait cet homme!
Le pantalon est loin encore d'être entré dans les mœurs. Les trousseaux que publie, deux fois par an, le Moniteur de la Mode n'en comprennent point (1845-1850). Un trousseau, dont le devis manuscrit m'est tombé entre les mains, en compte une douzaine en madapolam, au prix de 5 francs pièce, soit un total de 60 francs (1846).