«La mode veut qu'on habille ces femmelettes en femmes, et sauf le pantalon qui est de rigueur, rien, dans leur toilette, ne diffère essentiellement de celle de leur sexe»[231].
Dans sa croisade en faveur du costume rationnel, (le mot n'était pas encore créé), Mme Dexter s'étonne de voir trouver inconvenant pour les femmes ce qui pour les fillettes semble de toute décence.
M. John Lemoine rend compte dans le Journal des Débats, de cette tentative et retient cet argument de Mme Dexter:
«J'en appelle à tout homme qui a eu l'occasion de marcher derrière une femme un jour de grand vent, et je lui demande si notre toilette actuelle a droit au monopole de la décence. Jusqu'à l'âge de quatorze ans, le costume qu'on appelle immodeste est très bien porté, mais le lendemain on le trouve inconvenant»[232].
Laid plus encore qu'inconvenant, si l'on veut bien se souvenir de ce qu'était alors un pantalon de femme. Louis Sonnolet a évoqué, dans la Vie Parisienne, le spectre de ces laideurs:
«Mieux que ça, on affuble les femmes et même les petites filles d'amples pantalons dont les deux jambes, empesées, rigides, rigoureusement cylindriques tombent jusqu'à l'escarpin à cordons de soie. C'est le règne du pantalon pour toutes, du pantalon disgracieux et austère qui a un faux air d'armure de chasteté»[233].
Tuyaux de modestie, tuyaux de cheminées, dont ce quatrain attribué au Maître, célébrait dignement l'horreur:
Que les femmes d'un âge épouvantable ornées
S'affublent de tuyaux comme les cheminées,
J'y consens... Mais, j'en jure par Apollon,