A parler franc, le pantalon des élégantes rappelait moins «la richesse des calessons de la signora Livia» que l'humble et populaire «coton» de Tullia d'Aragona et je doute que les belles dames et même les «biches» du Second Empire fréquentassent beaucoup les omnibus.
«L' chien n' mont' pas dans les omnibus», a constaté, non sans tristesse, Richepin dans sa Chanson des Gueux, cocottes et cocodettes n'y montaient sans doute pas davantage.
Mais, allez donc détruire une légende quand elle a pour elle les caricaturistes que le sujet avait séduits.
Le pantalon était devenu non pas nécessaire, mais «indispensable» avec la crinoline. C'est même sous ce vocable et sous celui «d'inexpressible» que le désigneront celles que le mot effraiera encore.
Que de chichis en vérité, alors que nos contemporaines disent tout simplement leur «culotte»!
On le voit, dès lors, figurer dans les trousseaux. Les journaux de modes ne se contentent plus d'en parler. Bravement, ils étalent l'objet dans leurs dessins, laid et disgracieux par la largeur et l'ampleur de ses jambes unies, entre lesquelles bâille l'énormité de sa fente.
Les gazettes mondaines s'en emparent. Encore à ses débuts et ne soupçonnant pas le parti qu'elle devait en tirer plus tard, la Vie Parisienne se montre presque dure à l'égard de l'intrus.
Au-dessous d'un de ses dessins intitulé: Longchamps, les modes, Hadol laisse percer ce regret mélancolique:
«Autrefois, vous aviez les jolies jambes pour vous consoler de la pluie, maintenant il ne nous reste plus que le macadam et les pantalons» (1863).
L'on peut maintenant tomber de carrosse soit à la campagne, soit à Epsom, sans que le soleil pense «retourner en arrière». Les beaux temps de Voiture sont finis, Mlle Paulet porte un pantalon: