Pas plus que Victor Hugo, Arsène Houssaye—je vois d'autant moins d'inconvénient à le nommer, que l'aventure se renouvela souvent—n'aimait, ni n'admettait «Vénus en pantalon».

Il ne posait pas la même question que Victor-Emmanuel; ses mains la posaient pour lui. Parmi les jolies femmes qui venaient, dans le fastueux décor de la maison pompéienne, effleurer de leurs lèvres la coupe d'Anacréon, malheur à celles qui, sacrifiant à la mode du jour, portaient, comme Mme de Malaret, des pantalons.

L'ardeur du poète s'éteignait. Le beau rêve commencé s'achevait en un réveil brutal, et, tandis que découragée, sa dextre retombait sous la crinoline où elle s'était égarée, l'audience prenait vite fin.

Il fallait qu'une femme fût bien jolie, mais bien jolie, pour que, la reconduisant à la porte, l'hôte des redoutes lui glissât à l'oreille, tout en gantant la main d'un baiser:

—Eh bien! revenez une autre fois... mais, pas de pantalon, n'est-ce pas?... pas de pantalon!

L'horreur du maître pour cette inutile lingerie était connue de ses familières. Toutes ou presque lui en avaient fait le sacrifice. Pour d'aucunes, ce put être tout d'abord une gêne, mais l'habitude n'a-t-elle pas tôt fait de devenir, elle aussi, un maître?

En dépit de quelques timides valenciennes, on en était encore à l'aphorisme de Balzac, aujourd'hui si désuet et si faux:

«Toute notre société est dans la jupe;—ôtez la jupe à la femme, adieu la coquetterie! plus de passions. Dans la jupe est la toute puissance: là où il n'y a que des pagnes, il n'y a pas d'amour».

Octave Uzanne—toujours à citer quand il s'agit de la femme et de son élégance—s'est élevé comme il convenait et comme on pouvait s'y attendre, dans Nos Contemporaines, contre cet axiome du Tourangeau.

Ce qui pouvait sembler vrai, à son époque, ne l'est plus aujourd'hui, mais pas du tout: