La chaussette est en effet bien masculine, le pantalon exagérerait le travestissement. Jo était dans le vrai et la jeune américaine qui refusait au cher Alphonse Allais de bostonner avec lui le «Washington Post», la «new dance» qui allait faire fureur, partageait cette théorie et la pratiquait:
—Et vous, miss, vous ne dansez pas ce soir?
—Non, pas ce soir.
—Pourquoi cela, miss?
—Parce que j'ai des chaussettes et pas de pantalon.
—Quelle blague!
—Voyez plutôt, répondit-elle en souriant[387].
Sans aller jusqu'aux chaussettes qu'une connaissance imparfaite de la langue fait prendre à d'aimables enfants que la comparaison effraie, pour le féminin de chausson, combien, et tout ce qu'il y a d'honnêtes, ne portent pas de pantalon l'été, simplement parce que c'est trop chaud et qu'elles éprouvent un bien-être indicible à n'en pas avoir.
C'est l'Évangile de Colombine mis en pratique et ses disciples sont innombrables.
«Il y a tant de Parisiennes, en cette saison, déclarait le Fin de Siècle, qui se passent de pantalon»[388].