«Mais le meilleur fut que la dame, parce que c'estoit en esté et faisoit grand chaud, s'estoit mise en appareil un peu plus lubrique que les autres fois, car elle n'avoit que sa chemise bien blanche et un manteau de satin blanc dessus et les calleçons à part[37]».
Ou encore,—l'été était très chaud, paraît-il:
«Ce n'est pas par contraire, par son contraire se guarir, ains semblable par son semblable, bien que tous les jours elle se baignast et plongeast dans la plus claire et fraische fontaine de tout un païs, cela ny sert, ny quelques légers habillemens qu'elle puisse porter, pour s'en donner fraîcheur, et qu'elle les retrousse tant qu'elle voudra, jusques à laisser les callessons, ou mettre le vertugadin dessus eux, sans les mettre sur le cottillon, comme plusieurs le font[38]».
Passage peu clair, comme le faisait judicieusement remarquer M. Bouchot, qui ne fait remonter qu'à 1577 ou environ la mode des caleçons.
D'une part, les unes supprimaient le pantalon, «comme plusieurs le font», ajoute Brantôme et d'autres sembleraient, en mettant le vertugadin sur le caleçon, sans le mettre sur le cotillon, conserver le pantalon, mais supprimer le jupon, ou son équivalent, comme il a été longtemps de mode. Mais alors, il faudrait lire le et non les; au reste, le bon Brantôme était-il à un lapsus de langue près?
Dames et demoiselles avaient, au surplus, une singulière façon de se vêtir pendant la canicule, et l'on comprend si elles devaient faire bon marché de ces inutilités.
Bois d'amour ou bois sacré, le déshabillé de Mlle de Sainte-Beuve[39], entre autres, eût pu paraître charmant. Dans une église, il avait lieu d'étonner:
«Les Mémoires sur l'Histoire de France, t. I, p. 272, disent qu'elle se laissa mener par le bras à travers l'église de Saint-Jean-en-Grêve, seulement couverte d'une fine toile et d'un point coupé à la gorge pour être muguettée et attouchée, au grand scandale de plusieurs qui assistaient de bonne foi aux processions; les Notes sur la Satire Ményppée disent la même chose[40]».
Sans doute... les «Enfants de Marie» nous ont habitué à une autre tenue... pourtant sur les sculptures des chapiteaux, on en voyait bien d'autres. Il eut été de mauvais goût de se scandaliser par trop.
Était-ce bien là, pourra-t-on se demander, le véritable pantalon féminin ou de ces hauts-de-chausses bâtards, sortes de culottes de bicyclette avant la bicyclette, dont parle Racinet?