Parfaitement, c'était bien là le pantalon féminin et il avait déjà son charme ambigu et un peu pervers. C'étaient, par-dessus les coussins rembourrés corrigeant les cuisses défectueuses, de véritables pantalons «de toile volante et blanche».
Pantalons de femmes également, encore que d'un luxe un peu douteux, quoique royal, que n'eût point, en son beau temps désavoué Mlle Otéro, ceux qu'avait accoutumé de porter Catherine de Médicis.
«Et par ainsi, sur cette curiosité qu'elle avoit d'entretenir sa jambe belle, faut penser que ce n'estoit pour la cacher sous sa juppe, ny son cotillon ou sa robbe, mais pour en faire parade quelques fois avec de beaux callesons de toile d'or et d'argent, ou d'autre estoffe très proprement et mignonnement faits, qu'elle portoit d'ordinaire: car on ne se plaist point tant en soy que l'on en vueille faire part à d'autres de la veue et du reste[41].
Pantalons de femmes encore, ceux de l'infortunée Marie Stuart qu'ils fussent en toile de Hollande: «sept aulnes de Ollande pour faire six paires de callesons à la royne» (Inventaire d'Edimbourg, 1563) ou plus prosaïquement en futaine, comme le jour de son supplice.
Ah, nous sommes loin des toiles d'or et d'argent de la Florentine. Quelle femme de chambre consentirait à porter aujourd'hui, au dessus des «bas de soye bleue», retenus par des «jarretières de soye», ces «caleçons de futaine blanche» de la reine martyre?[42]
De la futaine, fi! ma chère.
En Italie, au contraire, d'où le caleçon, comme la vertugade était originaire, il semblait plus se rapprocher du haut-de-chausses que du pantalon.
Les «onze pantalons de coton» que relève M. E. Rodocanachi[43] dans l'inventaire de la célèbre courtisane romaine Tullia d'Aragona (23 avril 1556) paraissent avoir été l'exception.
Ces demoiselles se plaisaient, le plus souvent, à revêtir de véritables chausses masculines, bouffantes et tailladées, qu'elles étaient à peu près seules à porter.