Pour ne rien perdre du contour

De la taille ou de la poitrine,

Tu viens voiler, je m'en chagrine,

Bien des charmes vus tour à tour[488]

Tutu, tutu pan-pan; tambourin ou mirliton, cela peut continuer longtemps ainsi, et dire qu'il y a des utopistes, après Louis XIV, pour prétendre qu'il n'y a plus de périnés.

C'est même pour les masquer qu'a été créé le tutu et son utilité est bien moins contestable que celle du pantalon proprement dit. A moins de revenir aux véritables caleçons dont le vertueux Sosthène de La Rochefoucauld[489] tenta d'affubler les ballerines, le maillot peut craquer—au bon endroit, toujours—et révéler les plus secrètes efflorescences, auprès desquelles la mousse des aisselles, quand l'épileuse n'y a pas mis bon ordre, semblerait à peine le persil de Jenny l'ouvrière. Le public a des curiosités qu'il ne faut pas satisfaire et il n'est pas bon d'aller vérifier sur une scène subventionnée le bien fondé d'un axiome souvent chanté. Puis, sans aller jusqu'à célébrer, comme le trompette de garde la couleur des charmes de la cantinière, le maillot peut trop plaquer, faire des plis et, nonobstant la chemise très spéciale des danseuses,—non la demi, mais le quart de chemise—dessiner des sinuosités, avoir, en un mot, la hardiesse qu'eut Houdon en modelant sa Diane..., encore un méfait de M. de La Rochefoucauld[490]!

Ces messieurs de l'orchestre ne se plaindraient pas, c'est évident, mais la Morale, la fameuse Morale, avec un grand M, y trouverait, oserai-je dire, un cheveu.

Le tutu peut donc sembler un complément nécessaire du maillot.

Il fait partie de cet ensemble qui constitue le costume de danse classique, ces jupons de gaze qui ne sont pas sans donner à celles qui les portent un faux air d'abat-jour.