Amusé, l'Eclair prit soin d'éclairer et de corser le débat par quelques interviews qui ne furent pas sans saveur.

L'inoubliable créatrice du rôle, Mlle Sybil Sanderson, morte depuis si tristement, Mlle Jane Harding qui le reprit, Mlle Jeanne Andrée qui le joua à Toulouse et Mlle Subra furent interrogées. Toutes rirent et haussèrent les épaules aux prétentions extra-pudibondes de la Phryné normande.

—Faut de la pudeur, pas trop n'en faut, déclaraient Mlle Jeanne Andrée et Mlle Harding, résumant cette affaire de maillot, ajoutait avec un triomphant sourire:

—Toutes les femmes ne sauraient le porter. Il ne supporte pas les maigres[491].

C'était là sans doute le vrai dessous de cette question de dessous. Mieux que le maillot, le pantalon se prêtait aux «petits coussins bien mollets et délicats» que célébrait Brantôme.

A quoi tient la Pudeur!

Aux répétitions, la question ne se serait pas posée: le costume de répétition, mi de scène, mi de ville, ne comporte ni maillot, ni tutu: sous de courts jupons ballonnants, le tutu se trouve remplacé par un pantalon, rentré dans les bas.

Sa claustration à part, il ne diffère pas beaucoup des pantalons ordinaires.

Dès 1844, Albéric Second le décrivait ainsi dans ses Petits Mystères de l'Opéra: