Sans remonter aux «caleçons de toile d'or et d'argent» du règne de Charles IX et au maillot de Notre-Dame de Thermidor, le pantalon, tel que l'imposa la crinoline, semble avoir été généralement ouvert. Les patrons de la Lingère parisienne et les dessins de la Mode illustrée indiquent même qu'il l'était terriblement.
Les petites fentes latérales permettant d'en limiter la fente et, au besoin, de les porter fermés, n'apparurent que plus tard. A ses débuts, sous le Second Empire, le pantalon était entièrement ouvert par derrière. C'était, au surplus, sa seule ressemblance avec celui de nos contemporaines.
La princesse de C... se rendant à un rendez-vous avec un pantalon fermé fut et restera heureusement l'exception.
L'«inexpressible» avait déjà assez de peine à se faire admettre dans la toilette des dames, pour ne pas aller les indisposer davantage encore contre lui par les inconvénients résultant de sa claustration.
Bien peu eussent alors consenti à s'embarrasser de la gêne d'un pantalon fermé. De nos jours même, combien préféreraient s'en passer, plutôt que d'en supporter la tyrannie?
Il peut être utile—et de règle dans certains couvents—sous les jupes courtes des fillettes, mais, le plus généralement, il disparaît, à mesure que s'allongent les jupes.
Le jour où il s'ouvrira, comme ceux de la mère et des sœurs aînées, n'est pas attendu avec moins d'impatience que, jadis, le jour où on devait le quitter. Ce jour-là, la gamine se sent presque femme: c'est pour elle un peu la robe prétexte, et que d'excellents prétextes pour les porter ouverts.
Même enfants, beaucoup les ont toujours portés ainsi. Il y a cinquante ans, la Mode illustrée, ne les prévoyait pas autrement pour les fillettes. Le pantalon fermé ne vint que plus tard et la bourgeoisie seule en a adopté l'usage.
Si sa claustration est parfois obligatoire, il y a bien des pensionnats où cette règle draconnienne est inconnue: la plupart des élèves, quel que soit leur âge, les portent fendus, et les curieuses—je n'ose écrire les vicieuses—profitent de ce «large coup de ciseau» pour se livrer entre elles à de menues comparaisons et à de petits concours, que la morale ne saurait pleinement approuver.
A Montmartre qui, cependant, oublie vite, on se souvient encore de Pierrette Fleury, cette jolie fille, qui trouva dans l'éther le suprême sommeil, et dont Antonin Reschal avait fait le prototype de son héroïne. Pierrette confesse, dans le roman, à son père ce détail de mœurs et lui demande de substituer à ses culottes ouvertes des pantalons fermés. Ces jeux de l'école ne lui disent rien encore: